Sécu : 11,7 milliards d’euros de déficit

Finalement, le déficit de la Sécurité sociale pour 2014 devrait atteindre 11,7 milliards d'euros, et non 9,8 milliards comme prévu avant l'été. C'est le chiffre que doit annoncer aujourd'hui la commission des comptes de la Sécurité sociale, mais que la ministre de la Santé et des Affaires sociales, Marisol Touraine, a déjà dévoilé hier sur France Inter.

Par rapport à 2013, a-t-elle indiqué, le déficit est réduit de 0,8 milliard d'euros. Néanmoins, l'objectif de retour à l'équilibre des comptes sociaux, prévus initialement en 2017, devrait être repoussé d'un an, soit pas avant 2018-2019, soulignent Les Echos (page 3).

Dès lors, "de quelle manière la Sécu paiera-t-elle en 2015 son obole aux 21 milliards d'euros d'économies prévus dans le cadre du plan d'économies de Manuel Valls ?", interroge Le Figaro (page 28). Marisol Touraine et le secrétaire d'État au Budget, Christian Eckert, devraient apporter la réponse aujourd'hui puisqu'ils présenteront à l'issue de la ommission des comptes le contenu du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2015.

A priori, indiquent Les Echos, "la branche famille sera la plus touchée". "Deux dispositifs chers au cœur des Français", notamment, sont "dans la ligne de mire" des ministres note Le Parisien/Aujourd'hui (pages 2 et 3) : le congé parental et la prime de naissance. Le premier passerait de trois ans à dix-huit mois, et la seconde pourrait être divisée par deux dès le second enfant.

Une troisième piste pourrait figurer sur leur liste, ajoutent Les Echos : "La baisse du plafond de revenus au-dessus duquel il n'y a plus d'exonération de charges sociales pour faire garder son enfant par une nourrice." Ainsi, au lieu de 800 millions d'euros attendus sur la branche famille, on "s'oriente vers le milliard d'économies", prévient le quotidien.

Concernant la branche maladie, l'objectif de dépenses (Ondam) sera respecté cette année et devrait ne pas être durci en 2015. "Le gouvernement devrait comme chaque année piocher dans les propositions faites par l'assurance maladie début juillet", observe Le Figaro. Sur trois ans, complètent Les Echos, l'effort concernera ainsi la maîtrise des prescriptions (2,5 milliards d'euros), la mutualisation des achats hospitaliers (2 milliards d'euros), la réduction des séjours à l'hôpital (1,5 milliard d'euros), la lutte contre la fraude (500 millions d'euros), et, bien entendu, la baisse des prix des médicaments (3,5 milliards d'euros).

 

La majorité du Sénat change de camp

Appelés à renouveler 179 sièges sur les 348 que compte l'hémicycle, les grands électeurs ont fait rebasculer hier le Sénat à droite. "La droite et le centre totalisent 187 élus, soit 12 de plus que la majorité absolue (175), rapportent Les Echos (page 2). Une majorité confortable qui résulte d'une bonne progression de l'UMP (une quinzaine de sièges en plus) et d'une jolie poussée centriste. Avec une petite quarantaine d'élus, ces derniers forment un groupe charnière, faiseur de majorité."

Cependant, ajoute Le Parisien/Au­jourd'hui (pages 4 et 5), "la principale leçon de la soirée est la nouvelle banalisation du Front national, qui n'avait jamais poussé les grilles du Sénat". En effet, David Rachline, maire de Fréjus (Var), et le Marseillais Stéphane Ravier siégeront désormais dans les fauteuils de la Haute Assemblée.

Même s'il y a échec pour la majorité, ce basculement ne devrait pas bouleverser l'agenda du gouvernement, remarque L'Humanité (pages 4 et 5). "L'exécutif ne disposait déjà plus de majorité au sein de la Haute Assemblée du fait de l'opposition des communistes, ce qui conduit les dirigeants PS à relativiser l'impact de la défaite d'hier", commentent Les Echos, qui rappellent toutefois que "la nouvelle composition du Sénat interdit désormais toute modification de la Constitution en Congrès" et rend "difficile toute loi organique (qui doit être votée dans les mêmes termes par l'Assemblée et le Sénat)". Quant aux autres textes, si le Sénat ne peut certes empêcher leur adoption, l'Assemblée nationale ayant le dernier mot, il peut cependant considérablement la ralentir.

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)