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Sarkozy : franchise ou pas ?

Hier, en dévoilant à la presse le projet présidentiel de leur candidat, les porte-parole de l'UMP ont étonné une partie des journalistes. La plaquette qu'ils ont présentée fixe en 15 chapitres les grands engagements de Nicolas Sarkozy pour le prochain quinquennat. Or, constate Le Parisien/Aujourd'hui (page 2), un certain nombre des ambitions jusqu'alors annoncées par ce candidat ne figure plus au programme. D'où la conclusion de ce quotidien: "Sarkozy réduit la voilure".

Jusqu'à présent, signale par exemple La Tribune (page 28), la mesure forte que Nicolas Sarkozy mettait en avant en matière de politique de santé concernait la création d'une franchise, "un montant annuel pour les dépenses de santé qui ne serait remboursé ni par la Sécu, ni par les assurances complémentaires". Or, ce projet "en rupture avec notre dispositif actuel de remboursement des soins" est absent du programme présidentiel du candidat de l'UMP.

Que s'est-il passé, se demandent plusieurs observateurs ? Pour Le Figaro (page 8), l'absence de référence à certaines propositions, telles que la franchise ou "la baisse très commentée de quatre points en dix ans des prélèvements obligatoires", ne signifient pas pour autant qu'elles sont abandonnées.

Dans l'entourage du candidat, rapporte La Tribune, on prévient que, de toute façon, "ce document n'est pas un catalogue de mesures, il fixe des valeurs, il évoque la franchise sans la nommer clairement". En effet, Nicolas Sarkozy ne fait qu'y indiquer sa volonté "que chacun se sente responsable du financement de notre système de santé". Aussi, le porte-parole du candidat, Xavier Bertrand, par ailleurs ancien ministre de la Santé, garantit dans La Croix (page 8) que " tous les engagements pris par Nicolas Sarkozy dans ses différentes interventions publiques ou interviews restent valables, même s'ils ne figurent pas dans le document".

Selon ce principe, la franchise semble bien rester une proposition ferme. Dans L'Express (pages 42 à 50), Nicolas Sarkozy accorde du reste un long entretien dans lequel il confirme son intention de "créer une franchise sur les dépenses d'assurance maladie ".

Ce timide positionnement dans le "projet " écrit du candidat a une explication, avance La Tribune. "Ce flou n'est peut être pas involontaire", estime la journaliste Véronique Chocron, car "cette proposition fait […] débat au sein de l'UMP. Parlementaires et élus redoutent la réaction de l'opinion publique à l'égard d'une mesure qui pourrait passer pour un début de privatisation du système de santé"…

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A quelques semaines des élections, les dernières statistiques sur le chômage publiées hier sont largement commentées dans vos quotidiens. Pour Les Echos (page 5), "le gouvernement quitte le pouvoir avec le sentiment d'avoir inversé, de manière durable, la courbe du nombre de demandeurs d'emploi. Celui-ci s'est réduit de 19.900 en février". Avec 2.066.100 demandeurs d'emploi, on est arrivé à un taux de chômage équivalent à 8,4% de la population active, rapporte Le Parisien/Aujourd'hui (page 7).

Toutefois, indique Libération (page 17), "le ministère du Travail lui-même, tout en soulignant qu'il s'agit “du taux le plus faible enregistré depuis […] juin 1983” rappelle que le taux de chômage calculé au sens du Bureau international du travail (BIT) reste “provisoire” ". L'Insee a, de son côté, repoussé à l'automne 2007 la publication des chiffres définitifs. Les réactions n'ont donc pas manqué hier. Pour la CGT, mentionne Libération, cette baisse est "farfelue ". Autre commentaire ironique: "Nous sommes un pays où les chiffres officiels du chômage prennent en compte à peu près la moitié des vrais chômeurs", s'est amusé le candidat centriste, François Bayrou, indique Le Parisien/Aujourd'hui.

Selon Libération, les chiffres sont revus à la baisse car "un nombre croissant de demandeurs d'emploi ne s'inscrit pas à l'ANPE ou n'est pas comptabilisé comme chômeurs, par exemple lorsqu'ils choisissent une convention de reclassement personnalisée ".

L'Humanité (page 3) rappelle que le collectif "Autres chiffres du chômage" (ACDC), qui réunit des chercheurs en sciences sociales, économistes et autres responsables syndicaux de l'ANPE et de l'Unedic, a dénoncé "des manipulations statistiques qui conduisent à une baisse du chômage en trompe l'oeil".