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Santé : un « système opaque »

Le président de la Mutualité française était hier à Nancy, neuvième étape de son tour de France des régions destiné à présenter le futur parcours de santé mutualiste. Dans un entretien au quotidien régional L'Est républicain, Jean-Pierre Davant "regrette" que les questions de santé aient été peu abordées au cours du débat télévisé de mercredi soir, "parce qu'il s'agit d'un sujet essentiel". "Seule Ségolène Royal les a évoquées dans sa conclusion", ajoute-t-il. "Ce ne sont pas des réformes les unes derrières les autres dont on a besoin, mais d'une gestion de la santé différente de ce qu'on pouvait faire il y a cinquante ans", explique le président de la Mutualité française, qui appelle à un véritable débat pour "moderniser le dispositif de santé".

Interrogé sur la proposition de Nicolas Sarkozy d'instaurer des franchises non remboursées sur les soins, Jean-Pierre Davant estime que "ce projet ne réglerait en rien l'évolution des dépenses de santé, si ce n'est que cela reporterait les coûts de santé sur les familles et qu'au bout du compte, cela créerait des difficultés nouvelles".

L'égalité d'accès aux soins est-elle menacée aujourd'hui en France interroge Benoît Gaudibert, de l'Est républicain ? "Il existe un problème d'entrée dans le système de soins pour des millions de Français qui n'ont pas de mutuelle. […]. Alors ils renoncent à des soins, notamment primaires, ce qui peut favoriser à terme des pathologies plus lourdes", constate le président de la Mutualité française. Pour lui, "la deuxième inégalité concerne la qualité des soins". "Nous n'avons pas fait évoluer l'évaluation des pratiques et techniques médicales. Nous sommes dans un système totalement opaque en ce qui concerne ces résultats. […]. On fait comme si tout était bien partout", déplore Jean-Pierre Davant. Pour palier cette lacune, le parcours de santé mutualiste se propose précisément de "mettre en place un dispositif d'information, d'orientation et d'aide personnalisée de nos adhérents lorsqu'ils sont confrontés à des pathologies lourdes, comme les cancers, les maladies cardio-vasculaires, les addictions et les situations de handicap survenant à tout âge de la vie". Chaque mutuelle participante mettra un numéro d'appel à disposition de ses adhérents pour leur permettre de choisir des services ou des établissements qui respectent les normes de qualité de l'Institut national du cancer (Inca). La Mutualité a proposé aux unions régionales de médecins libéraux de les associer à ce dispositif. "Le choix final restera au médecin et à l'adhérent, qui sera remboursé de la même manière quelle que soit sa décision", précise Jean-Pierre Davant, avant de conclure : "Nous, nous aurons rempli notre rôle. Face à la maladie, les gens attendent d'être guidés."

A lire aussi – La scolarisation des enfants handicapés en débat


La scolarisation des enfants handicapés, qui a provoqué mercredi soir un sérieux accrochage entre les deux candidats à la présidentielle, a suscité hier une vive polémique, note Le Parisien/Aujourd'hui (page 5). Nicolas Sarkozy avait proposé de faire de l'accès à l'école un "droit opposable", tandis que Ségolène Royal accusait la droite d'avoir supprimé son plan Handiscol, lancé en 1999, quand elle était ministre déléguée à l'Enseignement. De son côté le ministre de la Santé, Philippe Bas, s'est invité hier dans le débat en assurant que 160.000 enfants handicapés ont été scolarisés en septembre 2006, contre 90.000 en 2002. Mais les associations d'aide aux handicapés ont renvoyé dos à dos les deux rivaux, soulignant que les enfants concernés peinent toujours à trouver une école, malgré l'obligation faite par la loi du 11 février 2005 de les accueillir comme les autres, constate Le Monde (page 8).