Santé et social : les propositions des candidats de gauche

Les candidats à la primaire de la gauche expriment des divergences, notamment sur le revenu universel.

Concernant la protection sociale, les différents candidats à la primaire de la gauche ont des propositions qui les distinguent les uns des autres, souligne Libération.

Ainsi, Benoît Hamon souhaite "transférer les cotisations patronales assises sur le travail vers une taxe sur la valeur ajoutée ou le chiffre d'affaires", qui viendrait financer la protection sociale. "Quand je parle de la taxe sur les robots, c'est pour que tout le monde comprenne bien que le travail ou l'intelligence humaine ne sont plus les seuls facteurs de création de richesses", avait-il précisé.

Autre proposition du candidat : faire reconnaître le "burn-out", c'est-à-dire l'épuisement au travail, comme une maladie professionnelle. Jusqu'ici, un salarié atteint d'un "burn-out" ou qui décide de démissionner pour consacrer du temps à se ressourcer, voire à se reconstruire, peut demander les allocations chômage. Il peut également être placé en arrêt maladie.

Or, selon Benoît Hamon, c'est déresponsabiliser les entreprises et faire porter à l'Etat le poids de leurs mauvaises pratiques managériales, rapporte Libération. "Grâce à cette mesure, les entreprises seront reconnues responsables de la souffrance au travail de leurs salariés. Elles seront contraintes soit d'en assumer le coût (soins, prévention), soit de modifier en profondeur leurs méthodes de management", écrit-il dans son programme.

De son côté, Manuel Valls souhaite la suppression du numerus clausus pour lutter contre les déserts médicaux. Cette mesure permettrait, selon lui, de former un plus grand nombre de professionnels de santé et de mieux les répartir sur le territoire. Un "grand plan de la médecine de proximité", dont on ne connait pas la teneur, serait mis en place.

Quant à Vincent Peillon, il propose de créer un véritable service public des maisons de retraite, "qui visera à offrir aux personnes qui en ont besoin un séjour gratuit ou à contribution extrêmement faible, sous conditions de revenus et de patrimoine.

Dix-mille places par an seront ainsi créées, soit 50.000 sur le quinquennat et 250.000 à l'horizon 2040. Avec quel financement ? En utilisant l'allocation personnalisée d'autonomie (620 euros par mois), pour une partie, et en laissant l'Etat compléter la somme à hauteur de 300 millions d'euros par an. Sa première décision, s'il est élu président de la République : diminuer la CSG sur les bas salaires jusqu'à 1,5 Smic (1.700 euros net).
"Aujourd'hui, le problème de la France, c'est que ceux qui travaillent ont des fins de mois difficiles", a-t-il déclaré hier sur RTL, propos cités dans Les Echos.

Enfin, Manuel Valls veut mettre en place un "revenu décent", note Libération. Afin de rendre les aides "plus lisibles" et d'en simplifier l'accès, l'ancien Premier ministre veut instaurer une nouvelle forme d'allocation qui fusionnerait les minimas sociaux existants. Contrairement à la proposition de Benoît Hamon qui souhaite mettre en place un "revenu universel d'existence", il ne s'agit pas chez Manuel Valls d'un montant "versé à tous indifféremment", mais uniquement "à ceux qui en ont besoin", a-t-il expliqué.

Manuel Valls et Vincent Peillon s'opposent également sur le revenu universel, souligne Le Parisien. Vincent Peillon dénonce "une vieille idée qui ne marche pas" et refuse la création d'une allocation qui maintiendrait à l'écart du travail une partie de la population.

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John Sutton

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