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Santé : l’innovation concerne aussi l’organisation des soins

"Si nous savons penser différemment l’organisation des soins, le rôle des acteurs, le contenu des métiers, la formation, pour inventer proximité et écoute", la révolution numérique peut profiter à l’organisation de notre système de soins. Telle est l’observation d’une tribune du président de la Mutualité Française, dans un encart "Grand Angle" consacré à l’innovation en santé et joint au Monde de samedi 30 avril 2016.

Etienne Caniard y explique que le développement des nouvelles technologies peut être, pour le patient, un moyen de "pleinement bénéficier du progrès médical" : grâce à une meilleure coopération professionnelle entre les différents acteurs de santé, le partage des données peut en effet favoriser un meilleur et plus rapide diagnostic. A la faveur de cette révolution numérique, le décalage entre "progrès technologique, diagnostic ou thérapeutique et l'organisation de notre système de soins, dont les grandes lignes demeurent figées depuis plusieurs décennies", pourrait alors se réduire.

Avec les téléconsultations de dermatologie dans les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) mutualistes, par exemple, "nous inventons une médecine plus humaine qui évite de déplacer des personnes fragiles", détaille Etienne Caniard. Une médecine qui associe "le généraliste et les personnels soignants à la consultation, créant ainsi une relation nouvelle avec le spécialiste hospitalier et facilitant les transferts de connaissances". Avec, à la clé : une amélioration de la prise en charge, un meilleur contact humain et un changement de relations entre professionnels de santé.

Ce type de dispositifs innovants est notamment déployé par la Mutualité Française Côtes-d'Armor dans le cadre du programme Telehpad, précise un focus sur la télémédecine, toujours dans les pages Grand Angle.

Dans ce cadre, rapporte le coordinateur de Telehpad, le Dr Pierre Espinoza, qui a développé depuis 2004 plusieurs programmes de ce type à l’Hôpital européen Georges-Pompidou, à Paris, des téléconsultations et des télé-expertises avec visioconférence ou sur télédossier sont assurées en gériatrie, dermatologie, plaies, psychiatrie et cardiologie et devraient prochainement s’étendre à d’autres spécialités. Prochainement, annonce-t-il, "les actes de télémédecine seront également à la disposition du médecin traitant pour des personnes âgées vivant chez elles à proximité de l’Ehpad. Cette ouverture vise essentiellement à contribuer efficacement au maintien à domicile des personnes âgées".

Malgré un déploiement encore "difficile", la Mutualité est déjà engagée dans le développement de la télémédecine dans plusieurs départements. Ainsi, les Côtes-d’Armor, la Loire, le Puy-de-Dôme, l’Isère, la Loire-Atlantique et l’Anjou-Mayenne constatent "un meilleur accès aux soins spécialisés pour les personnes âgées, des parcours de soins mieux organisés, des transports sanitaires et des hospitalisations évités", souligne Michelle Dange, la présidente de Générations Mutualistes, qui fédère les établissements médico-sociaux de la Mutualité Française.

Autre exemple d'innovation organisationnelle : celle que mettent en œuvre "les mutuelles lorsqu'elles développent des plateformes de détection des troubles sensoriels pour prévenir la dépendance en utilisant une organisation nouvelle distincte de la prise en charge de la pathologie elle-même", ajoute Etienne Caniard, qui conclut : "Le développement du numérique est l'occasion de se projeter dans l'avenir, à condition qu'il ne soit pas utilisé comme un palliatif dans une architecture inchangée".

 

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)