Santé des Français : bilan en demi-teinte

L'espérance de vie des Français s'allonge, notent la direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques (Drees) et Santé publique France dans un rapport sur l'état de santé de la population. Mais des inégalités demeurent.

Globalement, les Français se portent plutôt bien. C'est l'observation générale qui se dégage du rapport annuel que viennent de remettre la direction de la Recherche, des Etudes, de l'Evaluation et des Statistiques (Drees) et Santé publique France. Toutefois, "des disparités sociales significatives demeurent en matière de santé en France", souligne Le Monde dans un article sur "la France des oubliés".

Certes, relève le quotidien, par rapport à nos voisins européens de même niveau, notre espérance de vie est des plus honorables : en 2015, les femmes peuvent compter vivre jusqu'à 85 ans et les hommes jusqu'à 78,9 ans. Et pour cause, poursuit Libération, la mortalité, toutes causes confondues, tend à diminuer, quels que soient les classes d'âge et les sexes. Une diminution valable pour toutes les maladies chroniques (cancers, maladies cardio-vasculaires, maladies respiratoires, diabète…).

En dépit de cette baisse, écrit Ouest-France, les cancers restent la cause de 27,6% des 567.000 décès survenus en 2013, les maladies cardio-vasculaires de 25,1% et les maladies respiratoires autres que les cancers de 6,6%.

Sur ce total de décès, près de 106.400 (18,8%) sont considérés comme des "morts prématurées", c'est-à-dire survenues avant 65 ans. Un tiers de ces morts (32.000) sont causées par des comportements à risque, tels que le tabagisme, la consommation d'alcool, les suicides ou un comportement dangereux au volant. Signe que la prévention n'est pas encore assez efficace.

Face à ces risques, les Français sont différemment exposés, note Le Monde. Tout est question de niveau social et/ou de localisation géographique.

En matière de conditions de travail, la pénibilité des tâches (charges lourdes, postures pénibles), les rythmes d'activité (travail de nuit, geste répétés) ou encore l'environnement de travail (lieux utilisant les pesticides, présence d'amiante) sont en soi sources d'inégalités de santé.

Par ailleurs, les ouvriers non qualifiés sont davantage concernés par le tabac que les cadres (42%, contre 19%). Une disparité que l'on retrouve en matière d'obésité, laquelle atteint 5,8% chez les enfants d'ouvriers et 1,3% chez les enfants de cadres.

La région Grand-Est est celle où on fume le plus. Les Hauts-de-France, la Bretagne, la Normandie et la Réunion sont, pour leur part, celles où les pathologies liées à l'alcool sont les plus représentées. Cependant, ce ne sont pas les seules inégalités sanitaires relevées par le rapport. En effet, rapportent Les Echos, "8,6% de la population vit dans une commune souffrant d'une pénurie de médecins généralistes en 2015. Contre 7,6% en 2012". De fait, 14,6 millions de personnes vivent à plus de trente minutes d'un généraliste, comme le rappelait en juin dernier UFC-Que choisir.

Une situation qui risque de s'aggraver avec les prochains départs à la retraite des médecins des zones sous-médicalisés : leur âge moyen frise les 55 ans et les volontaires ne se pressent pas pour leur succéder.

A lire aussi dans la presse

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)