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Santé environnementale : la Mutualité s’engage dans le débat

La Mutualité Française organise le 28 septembre 2017, à Nancy, un colloque sur la santé environnementale. Pour débattre des enjeux et des leviers d'actions, elle a réuni une palette d'acteurs : experts, industriels, militants du droit des consommateurs, responsables politiques, associatifs, mutualistes…

Santé environnementale : le champ est vaste ! En effet, il s'agit, comme l'indique l'agence Santé publique France, de l'ensemble des effets sur la santé des individus consécutifs à ses conditions de vie, à la contamination de son milieu (eau, air, sol..) et aux changements environnementaux.

Difficile d'appréhender dans leur globalité tous ces déterminants et leurs impacts sur la santé des individus et des populations. C'est pourquoi le colloque que la Mutualité Française organise sur ce thème, le 28 septembre 2017 à Nancy, porte essentiellement sur deux composantes : l'air intérieur et l'alimentation. Pour en débattre, la Mutualité a réuni une palette d'acteurs impliqués par cet enjeu de santé publique : industriels, chercheurs, militants du droit des consommateurs, responsables politiques, associatifs, mutualistes…

19.000 décès prématurés

Les données épidémiologiques justifient que soit tirée la sonnette d'alarme, même si le lien de causalité entre une exposition à un risque et le surgissement d'une maladie ne peut pas toujours être clairement établi mais suspecté. Selon l'Institut national du cancer (Inca), entre 5% et 10% des cancers seraient liés à des facteurs environnementaux. Les seuls perturbateurs endocriniens (substances contenues dans de nombreux produits de la vie courante, comme les emballages plastique, les peintures ou encore dans l'alimentation) sont suspectés d'être responsables d'une augmentation de cancers dits hormono-dépendants : cancers de la thyroïde, des testicules, de la prostate, des ovaires.

En 2012, l'Institut de veille sanitaire (InVS) montrait que la pollution atmosphérique urbaine, étudiée dans 25 villes européennes, engendrait chaque année 19.000 décès prématurés, dont 15.000 pour causes cardio-vasculaires. Sans compter, par exemple, les allergies respiratoires, dont plus de 20% de la population serait atteinte.

157 milliards pour l'Europe

A ce coût sanitaire élevé s'ajoute un coût socio-économique conséquent. Pour les polluants de l'air intérieur, il serait de 19 milliards, selon l'Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses). Ce montant englobe les coûts de la mortalité, de la baisse de la qualité de vie et des pertes de production. A l'échelon européen, le préjudice est naturellement plus élevé. Ainsi, l'Union européenne chiffre à 157 milliards le coût socio-économique des seuls perturbateurs endocriniens.

L'amélioration de la qualité environnementale n'est pas qu'une question sanitaire ou économique. Elle relève aussi de la justice sociale. Un ouvrage collectif dirigé par la philosophe Catherine Larrère, intitulé "Les inégalités environnementales" montre comment ces dernières "viennent renforcer les inégalités sociales, qui elles-mêmes attirent les inégalités environnementales" (lire également https://www.mutualite.fr/actualites/inegalites-sociales-inegalites-environnementales-le-cercle-vicieux/).

Ces différents constats montrent que les défis à relever sont considérables. C'est pourquoi le colloque de Nancy, outre une détermination des enjeux posés par la santé environnementale, vise à identifier des leviers d'actions, à l'échelon individuel comme au niveau collectif, pour réduire les risques liés à notre environnement. Il y a urgence !

En savoir +

  • Cliquer ici pour lire l'analyse de l'Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSM) sur la qualité de l'air intérieur.
  • Cliquer ici pour mieux comprendre les liens entre environnement et cancer.
  • Cliquer ici pour découvrir le site du Réseau environnement santé.
Jean-Michel Molins

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)