Santé : les dossiers sensibles sur le bureau d’Agnès Buzyn

Budget de la Sécu, déserts médicaux, tiers payant… Les dossiers qui attendent la nouvelle ministre de la Santé, Agnès Buzyn, sont nombreux. Elle devra mettre en œuvre les promesses de campagne d'Emmanuel Macron dans un contexte budgétaire particulièrement contraint.

"Le magistère de la nouvelle ministre [de la Santé] commence sous les meilleurs auspices", assure ce matin Le Figaro dans un article consacré aux dossiers qui attendent Agnès Buzyn.
Sujets, dit-on du côté des médecins, qu'elle connaît parfaitement, étant elle-même de la profession (hématologue), par ailleurs ancienne présidente de la Haute Autorité de santé (HAS) et de l'Institut national du cancer (Inca).

"A priori, présage Patrick Bouet, le président du Conseil national de l'ordre des médecins (Cnom), c'est une ministre qui veut écouter, même si par expérience nous resterons vigilants." "Pour le moment, tous les signaux sont donc au vert alors que s'amoncellent sur bureau des dossiers aussi lourds financièrement que sensibles socialement", commente le quotidien, qui énumère : "Projet de budget de la Sécu, évolution du tiers payant généralisé, accès aux soins au moment où les déserts médicaux se multiplient, révision du numerus clausus."

A quoi il faut également ajouter la gestion de "la fronde des dentistes", mais aussi la réforme des retraites.

La préparation du projet de loi de financement de la Sécu (PLFSS) pour 2018 s'annonce d'ores et déjà comme un "casse-tête", prévient Le Figaro. Emmanuel Macron a en effet promis de "réaliser 15 milliards d'euros d'économies sur l'assurance maladie, sans déremboursement de soins inutiles ni de suppression de postes de soignants". Dans le même temps, la branche maladie de la Sécu reste déficitaire de 4,8 milliards d'euros. Dans ce contexte, la construction de l'objectif national des dépenses d'assurance maladie (Ondam) sera donc "un exercice d'équilibriste", juge Le Figaro, rappelant que le chef de l'Etat a fixé sa progression à 2,3% sur la période 2018-2022.

La ministre de la Santé devra aussi s'occuper du tiers payant généralisé, mis en place par la précédente majorité. Certains médecins libéraux souhaiteraient voir disparaître ce dispositif qu'ils estiment nuisible au temps médical, car trop lourd à gérer d'un point de vue administratif. Ils considèrent en outre qu'il aurait tendance à déresponsabiliser les patients. Pendant la campagne, Emmanuel Macron avait évoqué la possibilité d'un tiers payant facultatif, autrement dit "généralisable" plutôt que "généralisé".

Autre sujet de taille pour Agnès Buzyn : les déserts médicaux, contre lesquels la nouvelle ministre "va devoir multiplier les mesures", afin d'encourager le développement des maisons de santé pluridisciplinaires (MSP), autre promesse du candidat à la présidence. La révision du numerus clausus est une autre option, mais pour l'heure, rien n'est encore défini.

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Frédéric Lavignette

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