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Rougeole : comment le scepticisme vaccinal favorise son retour

La France figure parmi les pays où la rougeole est en recrudescence. En partie en cause, la défiance entretenue depuis vingt ans contre le vaccin ROR.

Depuis le 1er janvier 2019, annonce Sciences et Avenir, 288 cas de rougeole ont été déclarés en France. C'est moins que l'an dernier à la même période. "Pour autant, les chiffres sont encore supérieurs à ceux des années 2013 à 2015, où ils s'étaient stabilisés à 260 à 360 cas par an", indique Sciences et Avenir. Parmi les sujets atteints, 90% n'étaient pas vaccinés, ou l'étaient mal.

Au final, assure Libération, face à l'hésitation vaccinale, "c'est la rougeole qui gagne". "Début mars, poursuit le quotidien, l'Unicef alertait sur la recrudescence « préoccupante » de cette maladie dans le monde et pointait la France comme l'un des dix pays à l'origine des trois quarts de l'augmentation des cas de rougeoles entre 2017 et 2018".

Pourtant, rappelle Henrietta Fore, directrice de l'Unicef, le vaccin contre cette maladie très contagieuse est "sûr, efficace et abordable".

Mais la France fait figure de "mauvais élève". "Bien que les deux doses qui doivent être injectées pour que le vaccin soit efficace sont recommandées depuis longtemps, et obligatoires pour les enfants nés depuis janvier 2018, seuls 79% des nourrissons les ont reçues en 2017", souligne Libération.

Il faut dire que le vaccin ROR (rougeole, oreillons, rubéole) a été accusé en 1998 de favoriser le développement de l'autisme. Plus précisément, l'entérocolite autistique. A l'origine de cette hypothèse, une étude, contestée, menée sur 12 enfants, et dont les résultats ont été publiés, puis retirés par la revue The Lancet.

Par la suite, une dizaine d'études bien plus solides n'ont pas confirmé cette suspicion, note Le Figaro. Il n'empêche, le doute subsiste dans une partie de l'opinion, alors qu'il est maintenant démontré que le chercheur à la tête de cette étude anglaise avait visiblement un intérêt personnel à conclure une telle hypothèse.

Vingt ans plus tard, les scientifiques doivent toujours se démener pour livrer des arguments rationnels face aux anti-vaccins, constate Le Figaro. Souvent avec inefficacité. D'après plusieurs études, les profils démographiques ou d'éducation n'expliquent en rien la défiance des anti-vaccins. "L'explication serait donc plutôt à rechercher du côté des valeurs, émotions ou croyances fondamentales de la personne, prééminentes par rapport à ses connaissances factuelles", rapporte le quotidien. En effet, selon une enquête australienne, les opposants à la vaccination seraient davantage sensibles aux théories conspirationnistes. Ils se percevraient en outre souvent comme anticonformistes, auraient davantage peur des aiguilles, du sang et des actes médicaux que les autres.

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Frédéric Lavignette

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