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Révolution numérique : anticiper les effets sur l’emploi

Remise du rapport "Travail, emploi, numérique : les nouvelles trajectoires" à la ministre du Travail Myriam El Khomri.

Le Conseil national du numérique (CNNum) a présenté le 6 janvier un rapport visant à anticiper les effets de la révolution numérique sur l'emploi. Ce document, qui comporte 20 recommandations, devrait alimenter la prochaine réforme du droit du travail.

Comment anticiper les conséquences de la révolution numérique sur l'emploi ? C'est l’ambition du rapport du Conseil national du numérique (CNNum) remis le 6 janvier à Myriam El Khomri, ministre du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social. Intitulé "Travail, emploi, numérique : les nouvelles trajectoires", ce document devrait alimenter la prochaine réforme du droit du travail.

Plus de 50 auditions (sociologues, juristes, économistes, associations, syndicats, entreprises, etc) et une journée contributive, organisée en novembre 2015 au Conseil économique, social et environnemental (Cese), ont donné lieu à 20 recommandations. Objectif : répondre aux enjeux liés à la transformation numérique des entreprises, à l'automatisation des activités ou encore aux nouvelles pratiques numériques du service public.

Valoriser la formation professionnelle

Le Conseil national du numérique compare l'évolution du numérique à une "véritable métamorphose" rendant "nécessaire d'agir, d'anticiper, d'expérimenter, afin de préparer l'ensemble des possibles et de ne pas être pris au dépourvu". Il avance une hypothèse de "50% des emplois […] menacés par l'automatisation dans un horizon proche". Pour le CNNum, "l'automatisation doit être conçue en soutien plutôt qu'en remplacement du travail humain, manuel ou cognitif".

Ces tendances impliquent de faire évoluer les savoirs et les connaissances "en continu tout au long de notre vie professionnelle". Au niveau européen, le rapport réclame "une politique ambitieuse pour la recherche, l'éducation et la formation continue pour préparer les métiers de demain".

La formation professionnelle doit également être valorisée en France. Pour cela, le CNNum recommande de créer un compagnonnage numérique, de simplifier la valorisation des acquis de l'expérience (VAE) et d'améliorer l'orientation et la réorientation professionnelle dans le service public.

"Redonner du sens au travail collectif"

En écho aux mouvements d'"externalisation accrue" et de "remise en cause partielle du modèle salarial", le rapport souhaite "redonner du sens au travail collectif et soutenir les formes alternatives de collectifs de travail", comme par exemple les Scop (sociétés coopératives et participatives). Par ailleurs, il faut développer "des formes de management plus collaboratives, en introduisant des méthodes d'évaluation collective, et en associant les travailleurs dans le déploiement d'outils numériques de travail", estime le CNNum.

Dans le même temps, le Conseil national du numérique demande "une protection effective pour les travailleurs indépendants", sans multiplication des régimes spéciaux mais plutôt à travers une évolution du droit commun. Face à des parcours professionnels "plus dynamiques et évolutifs", il préconise la promotion des parcours "hybrides" et du travail en temps partagé. "L'action publique doit accompagner ce mouvement en simplifiant le recours à la pluriactivité, et valoriser les activités contributives en leur associant des droits sociaux", indique le rapport.

Un droit individuel à la contribution

Parmi les nouveaux droits à créer, le Conseil national du numérique défend notamment le "droit individuel à la contribution". Celui-ci autoriserait un travailleur à participer, en dehors de son organisation principale, à des projets d'intérêt général, des missions de solidarité, des activités associatives ou à la création d'entreprise. Le but est de "mobiliser le numérique pour valoriser les activités non rémunérées par un salaire" mais "porteuses de sens individuel et collectif", explique le CNNum.

"Que ce soit dans l'éducation, les services à la personne ou l'environnement, pour ne prendre que ces exemples, nous avons aujourd'hui besoin de nouveaux services davantage ciblés sur les individus et qui soient également fruits de solidarité de proximité", a déclaré Benoît Thieulin, président du CNNum, lors de la remise du rapport à Myriam El Khomri.

Ce droit individuel à la contribution pourrait être comptabilisé comme un temps de formation et intégré dans le compte personnel d’activité (CPA), dont le lancement est attendu pour 2017. Le CNNum considère que le CPA permettra d'accompagner et de sécuriser les "transitions professionnelles", de plus en plus nombreuses au cours d'une carrière.

"Il s'agit d'attacher les droits à la personne et non à son contrat ou son statut professionnel, et de permettre une meilleure circulation des droits via un système de points, en les rendant portables d'une activité à une autre et/ou fongibles d'un droit à un autre", rappelle le CNNum. Enfin, le rapport propose de réaliser une étude de faisabilité autour d'un revenu de base afin de lutter contre les inégalités.

En savoir plus

Consulter l’intégralité du rapport Travail, emploi, numérique : les nouvelles trajectoires

Paula Ferreira

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)