Retraite : réforme en vue

Le gouvernement n'attend plus que "le signal" du président de la République pour entamer des négociations avec les partenaires sociaux sur la réforme des régimes spéciaux de retraite, a annoncé hier le Premier ministre sur Canal +. "Cette réforme est prête (...), elle est simple à faire : il s'agit d'aligner les régimes spéciaux sur celui de la Fonction publique", a expliqué François Fillon (La Tribune, page 26).

Cette réforme pourrait "être réalisée dans les prochains mois" et il "n'est pas certain qu'il y ait besoin d'un texte législatif". Autrement dit, traduit Le Figaro-économie (page 29), "un projet de décret semble bien dans les cartons". Le président de la République pourrait en dire un peu plus le 18 septembre, à l'occasion du discours qu'il prononcera devant l'Association des journalistes de l'information sociale (Ajis).

Les réactions ne se sont pas fait attendre. Pour le premier secrétaire du PS, François Hollande, toute précipitation "serait contraire à l'idée même de réforme" (Le Figaro-économie). "Il faut absolument que la négociation soit la règle", a-t-il ajouté.

Du côté des syndicats, le ton est un cran au-dessus. Ainsi, Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, met en garde le gouvernement contre toute réforme "unilatérale" des régimes spéciaux, rappelant au passage les grèves qui ont paralysé la France en 1995.

"Si le gouvernement veut passer en force, il faut s'attendre à des réactions, c'est évident", prévient également Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière.

Quant à François Chérèque, il a refusé d'indiquer quelle serait "la réaction de la CFDT", tant qu'il ne connaîtrait pas le contenu du texte, note La Tribune.

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"C'est le Conseil économique et social qui va hériter de la "patate chaude" de la TVA sociale", indique La Tribune (page 26). En effet, le Premier ministre a annoncé, hier sur Canal +, qu'il allait demander au Conseil économique et social de travailler sur une "réforme du financement de la protection sociale".

"On ne va pas enterrer cette réforme, parce qu'on n'enterrera aucune bonne idée pour à la fois améliorer la compétitivité de l'économie française, et en même temps financer la protection sociale", a tenu à rassurer François Fillon.

"Il faut réfléchir à une assiette de financement de la protection sociale plus large que le travail : est-ce que c'est seulement la TVA, je ne le crois pas", a-t-il ajouté, notent Les Echos (page 3). Selon ce quotidien économique, ces propos du chef du gouvernement signent un "enterrement de première classe" de cette réforme.

John Sutton

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