Retraite : les effets du départ à 62 ans

L'Insee a publié le 5 janvier 2017 un rapport sur les effets du report de l'âge de départ à la retraite. Si la réforme de 2010 a permis de maintenir le taux d'emploi des plus de 60 ans, son impact reste à démontrer pour les seniors au chômage.

Le recul de l'âge de départ à la retraite n'a pas été sans effet. Selon une étude publiée le 5 janvier 2017, par l'Insee citée dans Les Echos, depuis la réforme des retraites de 2010, "les travailleurs sont restés un peu plus longtemps au travail et les chômeurs un peu plus longtemps au chômage, ces derniers basculant parfois dans l'inactivité en fin de droits".

"Pour les personnes initialement au chômage, confirme Le Figaro, la probabilité d'y rester après la loi Woerth est restée très élevée, avec trois chances sur dix seulement de retrouver un emploi."

Le fait d'avoir fait passer de 60 à 62 ans l'ouverture des droits à taux plein, et de 65 à 67 ans l'annulation de la décote, a néanmoins permis une augmentation de l'emploi global, observe l'Insee.

En réalité, tempèrent Les Echos, l'augmentation globale de l'emploi s'est produite "de façon mécanique, par l'allongement de la durée d'emploi des seniors encore en emploi entre 58 et 60 ans". C'est-à-dire, explique l'Insee, cité par L'Express, que les personnes qui avaient un emploi entre 58 et 60 ans l'ont conservé et les chômeurs sont restés chômeurs "dans l'attente d'une liquidation plus tardive de leur retraite". "Le recul de l'âge de la retraite n'a donc pas eu d'effet multiplicateur sur l'emploi des seniors dans l'immédiat. Mais le changement viendra peut-être dans la durée", concluent Les Echos.

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Frédéric Lavignette

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