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Reste à charge zéro : « repenser l’ensemble de la chaîne de valeur »

La concertation pour un reste à charge zéro en optique, dentaire et audioprothèse a été lancée le 23 janvier 2018 par la ministre de la Santé. Pour la Mutualité Française, l'ensemble des acteurs intervenant dans ces trois secteurs (offreurs de soins, Etat, régime obligatoire et organismes complémentaires) doivent être mis à contribution.

Pour mettre en œuvre la promesse de campagne d'Emmanuel Macron d'un reste à charge zéro en optique, dentaire et audioprothèse, la ministre de la Santé a ouvert, hier, la concertation avec l'ensemble des acteurs concernés.

Selon le calendrier fixé par Agnès Buzyn, cette concertation devrait se clore dans quatre mois. Fin mai, voire début juin, des annonces seront faites, a-t-elle indiqué, comme le mentionne Sciences et Avenir.

"L’objectif de l’exécutif est l'accès aux soins", explique L'Opinion. Plus précisément, l'accès à un panier de soins de qualité pris en charge à 100%. Car, d'après le ministère de la Santé, trop de Français renoncent aux soins pour raisons financières sur ces trois postes. "Actuellement, rapporte le quotidien, le reste à charge pour les ménages est de 22% (95 euros) en moyenne pour l’optique, de 53% (780 euros) par aide auditive et de 25% (135 euros) par prothèse dentaire." Si le reste à charge est appelé à disparaître, "qui va payer ?", s'interroge La Dépêche.

C'est là le cœur des discussions. Comme le souligne Le Quotidien du Médecin, "tous les coûts n'ont pas vocation à être couverts". Par exemple, le panier de soin devrait exclure des montures luxueuses. "Attention, nous ne voulons pas d’un panier low-cost. Il doit être de qualité et correspondre à certains critères esthétiques pour le dentaire par exemple. Il doit également être adapté aux besoins thérapeutiques des personnes. Pour les très grands myopes, il faut que l’amincissement des verres soit prévu", explique, dans L'Opinion, Séverine Salgado, directrice déléguée santé à la Mutualité Française.

Le problème, remarque le journal, est que "plus le panier de soins sera de qualité, plus la dépense sera élevée pour les complémentaires santé, avec des risques de hausse des tarifs". Mais Agnès Buzyn a appelé les organismes complémentaires à ne pas augmenter leurs cotisations. "Parvenir à un reste à charge zéro, sans augmenter les tarifs, est une ambition que nous partageons avec la ministre de la Santé. Mais c'est un chantier qui doit aussi être l'occasion de repenser l'ensemble de la chaîne de valeur des trois secteurs concernés", poursuit Séverine Salgado.

De ce fait, estime la Mutualité Française, les efforts doivent être répartis. Par exemple, poursuit L'Opinion, les professionnels de santé pourraient réduire certains de leurs tarifs. De son côté, l’Etat pourrait baisser les taxes "pesant sur les complémentaires santé ou la TVA sur les verres de lunettes (actuellement de 20%, contre 5,5% pour les autres matériels médicaux)". Enfin, l’assurance-maladie pourrait davantage intervenir sur certaines dépenses, notamment les audioprothèses.

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)