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Reste à charge zéro : quel impact sur la filière optique ?

Le ministère de la Santé consulte, depuis décembre, tous les acteurs concernés par la mise en œuvre du "reste à charge zéro" en optique. Chacun s'interroge : qui va payer pour cette promesse de campagne d’Emmanuel Macron ?

Il y a un an, le candidat Emmanuel Macron promettait "la prise en charge à 100% des lunettes et des prothèses auditives et dentaires d'ici à 2022, en lien avec les organismes complémentaires et l'ensemble des professionnels de santé", rappelle Le Monde. La promesse vise à garantir à tous l'accès à ces équipements vitaux sans "reste à charge", alors qu'en moyenne, 24% du prix des lunettes est payé par les ménages.

"Alors que le ministère de la Santé consulte depuis décembre tous les acteurs concernés, chacun s'interroge : qui va payer (…) ?", s'interroge Le Monde. Et quelles seront les conséquences sur une chaîne qui s'étend des financeurs – la part des complémentaires santé s'élevant à 72% en 2016, la Sécurité sociale participant à hauteur de 4% – aux porteurs de lunettes, en passant par les réseaux de soins, les fabricants, les centrales d'achat et l'Etat, "qui collecte la TVA à 20% et les taxes sur les assurances", précise le quotidien.

Comme le souligne Le Monde, depuis dix ans, la filière optique est régulièrement pointée du doigt par les autorités de contrôle et fortement inflationniste. "Si la France est le premier marché de l'optique en Europe, c'est parce que la dépense y est plus élevée qu'ailleurs. Elle était de 434 euros TTC en moyenne en 2014, selon l'Observatoire de l'Optique. "Selon la Mutualité Française, le système de distribution absorbe plus de 71% du coût des lunettes hors taxes", note le journal.

"Si l'on veut baisser le prix de l'optique, il faut d'abord réorganiser son système de distribution et former moins d'opticiens", estime, dans Le Monde, le président de la Mutualité Française, Thierry Beaudet.

Pour Le Monde, "la réforme du "zéro reste à charge" passera donc par une restructuration de toute la chaîne de valeur de la filière". Une des pistes serait que les complémentaires proposent, parmi leurs garanties, "des équipements de qualité sans reste à charge". Concernant les montures, la Mutualité Française suggère de réduire le montant maximal remboursé de 150 à 100 euros. Au final, estime Le Monde, "cette réforme ne se fera pas sans douleur".

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John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)