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Reste à charge zéro : les premières pistes de réflexion de la Mutualité Française

La Mutualité Française appelle à la contractualisation avec les professionnels de santé pour la définition d'un panier de soins nécessaires et de qualité. En optique, elle demande la réduction de la TVA.

C'est l'un des chantiers majeurs du quinquennat d'Emmanuel Macron : le reste à charge zéro en optique, audioprothèse et dentaire. Comme l'indiquent Les Echos, l'objectif est, à terme, de "définir un panier de soins intégralement remboursables pour les trois spécialités".

Dans ce cadre, la Mutualité Française vient d'ouvrir ses premières pistes de réflexion. Pour la Mutualité, "tous les leviers doivent être actionnés et pas seulement le niveau de remboursement", résume le quotidien économique. "Elle appelle notamment l'Etat à prendre sa part du fardeau en baissant la TVA sur les lunettes de 20% à 5,5% et en diminuant la taxe de solidarité additionnelle sur les contrats d'assurance maladie (TSA) pour les "bons élèves"". La Mutualité, poursuivent Les Echos, "met aussi en avant ses réseaux d'accès aux soins, où le reste à charge zéro s'applique déjà , et demande plus de marge de manœuvre pour contractualiser avec les professionnels de santé".

"Nos cotisations obligatoires et complémentaires sont censées garantir l'accès aux soins partout et pour tous. Or, cette promesse est de plus en plus difficile à tenir à cause de l'essor de la liberté tarifaire", constate le président de la Mutualité Française, Thierry Beaudet, dans Les Echos.

L'exemple de l'optique est illustratif, domaine dans lequel le reste à charge oscille entre 4 euros en Ariège à 236 euros à Paris. "Quand les tarifs sont libres, cela fait juste augmenter les prix", note Thierry Beaudet dans Les Echos.

Sur ce chantier du reste à charge, "la Mutualité défend deux principes". Premièrement, le reste à charge ne devra pas être "subi" mais "choisi". Deuxièmement, si le "panier de soins nécessaires de qualité" doit s'imposer aux financeurs comme aux soignants, il faudra conserver des espaces de liberté propices à l'innovation". En d'autres termes, "le patient pourra choisir l'équipement qui lui convient ; le professionnel, proposer des options ; l'assureur, enrichir sa gamme sans passer par une surcomplémentaire".

"Le système a besoin de souplesse, estime, dans Les Echos, le président de la Mutualité, faisons confiance aux acteurs." Par ailleurs, pour solvabiliser la demande de soins, "nous serions favorables à ce que l'assurance maladie obligatoire augmente ses remboursements", indique Thierry Beaudet.

Dans son éditorial des Echos, Etienne Lefebvre pointe "le risque de la non-réforme". Pour lui, "le gouvernement doit favoriser la baisse des prix par la concurrence, en particulier dans l'optique, quitte à ce que cela conduise à une restructuration des réseaux d'opticiens. L'extension du rôle de ces derniers, alors que les délais pour obtenir un rendez-vous d'ophtalmologue s'allongent, pourrait être envisagée".

"L'exécutif devrait aussi remettre sur la table la question du rôle de l'assurance maladie et des complémentaires dans le dentaire : soit la Sécurité sociale réinvestit ce champ, avec un vrai rattrapage des tarifs de soins de base et des actes de prévention, soit l'Etat donne davantage de pouvoir aux mutuelles dans leurs relations avec les dentistes pour qu'elles ne soient plus des "payeurs aveugles" mais des gestionnaires à part entière", estime Etienne Lefebvre.

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John Sutton

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