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Reste à charge zéro : « Il est possible de maîtriser les prix de l’optique »

Interrogé sur le reste à charge zéro, le 29 janvier 2018, sur France Info, le président de la Mutualité Française, Thierry Beaudet, estime possible de proposer "des lunettes de qualité, dans tous les types de correction, à des prix inférieurs à ceux pratiqués aujourd'hui".

Thierry Beaudet, le président de la Mutualité Française, était l'invité de l'Interview éco, lundi 29 janvier 2018, à 18h50, sur France Info.

Interrogé par Jean Leymarie sur le financement du reste à charge zéro, il a fait valoir qu'il ne s'agissait "pas uniquement d'une question de remboursement". Thierry Beaudet a rappelé que dans l'optique, le dentaire et l'audioprothèse, les tarifs étaient libres. "D'expérience, on sait que, quand les prix sont libres, si l'on se contente d'augmenter les remboursements, les prix des professionnels de santé peuvent augmenter par effet d'aubaine et le reste à charge ne diminue pas pour les Français ", a-t-il expliqué.

"Pour atteindre l'objectif du reste-à-charge zéro, il faut agir sur plusieurs leviers : le financement, - et en la matière, les mutuelles sont en première ligne -, mais aussi la question centrale des prix pratiqués par les professionnels de santé", estime le président de la Mutualité.

Concernant le remboursement, "nous souhaitons rembourser mieux et rembourser utilement. Une paire de lunettes, c'est à la fois un dispositif médical (les verres), et des montures, qui peuvent parfois s'apparenter à un accessoire de mode. Il faut mettre l'accent sur les verres et probablement plafonner le montant des montures".

Autre élément mis en avant par le président de la Mutualité Française : face aux arguments commerciaux de certains opticiens, qui proposent une deuxième paire de lunettes à un euro, les mutuelles peuvent en déduire que "la première paire, celle dont leur adhérent a réellement besoin, n'a sans doute pas été payée au juste prix".
Dans ce contexte, il est possible de "maîtriser les prix, et de proposer des lunettes de qualité, dans tous les types de correction, à des prix inférieurs à ceux pratiqués aujourd'hui".

A ce propos, Thierry Beaudet a notamment souligné la spécificité française que représente le nombre d'opticiens présents sur le territoire. "On compte autant de magasins d'optique en France qu'aux Etats-Unis", a relevé le président de la Mutualité. En clair, on dénombre 53 opticiens pour 100.000 habitants, contre 26 pour 100.000 en Allemagne, et 10 au Royaume-Uni.
"Aujourd'hui, on rembourse des verres, des montures, mais aussi un réseau de distribution qui est très important", a jugé Thierry Beaudet.
D'où la nécessité de "réorganiser la filière, en travaillant avec l'ensemble de ses acteurs".

Questionné sur la grève, qui touche ce mardi les maisons de retraite médicalisées, Thierry Beaudet a déclaré que lors de ses déplacements dans les Ehpad gérés par les mutuelles, au nombre de 200,  il a parfois "observé la souffrance du personnel de ne pas toujours pouvoir être suffisamment disponible pour apporter le bon accompagnement".

"C'est un sujet pour aujourd'hui, mais c'est surtout un sujet pour demain, a indiqué Thierry Beaudet, rappelant que "la moyenne d'âge des pensionnaires des Ehpad est de 85 ans" et qu'"ils sont plus dépendants qu'autrefois. En France, on compte actuellement 1,5 million de personnes de plus de 85 ans. Elles seront 5 millions en 2050".

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John SUTTON

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)