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Reste à charge zéro : évaluer l’impact global sur les Français

Thierry Beaudet, le président de la Mutualité Française, a jugé "utile", le 5 juin 2018, sur France 5, le premier acte de la réforme dite du reste à charge zéro, visant à rembourser à 100% les prothèses dentaires. Il compte sur la création d'un comité de suivi du dispositif pour évaluer son impact sur les Français.

Invité le 5 juin 2018 de l'émission "C à dire", sur France 5, Thierry Beaudet, le président de la Mutualité Française, a qualifié de "réforme utile" la prochaine mise en place d'un reste à charge zéro sur les prothèses dentaires.

Il a rappelé qu'un Français sur cinq renonçait à aller chez le dentiste pour des raisons financières. "Depuis des années, on a dit aux dentistes : on ne peut pas vous rémunérer correctement sur les soins les plus courants, alors rattrapez-vous sur les prothèses", explique le président de la Mutualité Française. "L'accord qui vient d'être signé a du sens parce qu'il rééquilibre le modèle, estime-t-il. Les soins courants seront mieux rémunérés. En contrepartie, on demande aux dentistes de faire un effort sur le prix des couronnes et des dentiers."

"Qu'en est-il des patients qui n'ont pas de complémentaire santé ?", interroge le journaliste de France 5 Axel de Tarlé. "Si la réforme est utile, elle n'est pas magique, répond Thierry Beaudet. Elle ne s'applique pas aux 5% de Français qui n'ont pas de complémentaire santé", puisque le remboursement intégral résulte des prises en charge conjuguées de l'assurance maladie obligatoire et des mutuelles. Toutefois, poursuit-il, "le déploiement progressif de cette réforme doit permettre aux différents acteurs de mettre en place des solutions pour que chacun puisse avoir accès à de soins de qualité".

Quid de la tentation de certains dentistes de proposer des prothèses "low cost" ?

"Il a fallu faire des compromis, explique le président de la Mutualité évoquant la négociation qui a eu lieu avec les chirurgiens-dentistes. L'accord fait une distinction entre les dents visibles et celles qui ne le sont pas. Pour les dents de devant on utilisera de la céramique. Pour celles à l'arrière de la mâchoire, on continuera d'utiliser des prothèses en métal."

Dans ce contexte, les complémentaires santé vont-elles augmenter leurs tarifs ? "Nous souhaitons que l'augmentation des cotisations soit la plus modérée possible, assure Thierry Beaudet. Aujourd'hui les Français renoncent à des soins en raison d'un reste à charge trop important. Il ne faudrait pas que demain ils y renoncent en raison d'un prix de cotisations de trop élevées."

Toutefois le coût global de la réforme reste une préoccupation pour la Mutualité, qui attend la fin de la négociation sur les lunettes et les audioprothèses pour affiner ses estimations.

Ces arbitrages devraient être rendus publics ces prochains jours. Hier, lors des questions au gouvernement, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a indiqué qu'"un accord sur ces deux filières devrait pouvoir être trouvé avant la fin du mois de juin". "Lorsque nous aurons une vision d'ensemble, nous pourrons apprécier l'équilibre global de la réforme", ajoute Thierry Beaudet, qui rappelle la proposition soumise à la ministre de créer "un comité de suivi de la réforme, afin d'évaluer son impact sur la santé des Français".

L'évaluation doit aussi concerner son incidence sur les équilibres économiques des professionnels de santé et sur les comptes des mutuelles.

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John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)