croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Reste à charge zéro, contrats types des complémentaires : la Mutualité appelle à la concertation

Dans un entretien à L’Opinion, le président de la Mutualité Française, Thierry Beaudet, demande que ces réformes associent l'ensemble des parties prenantes.

Durant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait promis de ramener à zéro le reste à charge des Français sur les postes optique, dentaire et audioprothèse. Le futur président de la République avait également annoncé son souhait de voir se mettre en place trois contrats santé type au sein de chaque organisme complémentaire. Cela afin de rendre lisible les garanties proposées par les complémentaires.

Dans un entretien au journal L'Opinion, le président de la Mutualité Française, Thierry Beaudet, demande que ces différentes réformes "soient faites sans précipitation", et appelle à une concertation entre toutes les parties prenantes. Notre rôle, explique-t-il, doit être à "la hauteur de notre place dans le système de santé. Nous voulons sortir de notre rôle de « payeur aveugle » et pouvoir dialoguer davantage avec les professionnels de santé".

Aussi, pour ce qui est du projet de supprimer le reste à charge en matière d'optique (ce qui représente 4,4 milliards d’euros), plusieurs leviers sont possibles, reconnaît Thierry Beaudet. En revanche, "laisser entendre qu'il suffit d'augmenter les remboursements des organismes complémentaires, à tarif inchangé, est une erreur de jugement".

Pour augmenter le niveau de prise en charge, le président de la Mutualité Française prône plutôt une action sur les prix des lunettes et des audioprothèses. "Notre expérience montre que chaque fois que les tarifs sont libres, toute hausse des remboursements entraîne des effets inflationnistes."

Autre piste : les réseaux de soins. Grâce à eux, la facture de l'assuré parvient à baisser de 30% en optique et de 10 à 50% en audioprothèse, indique-t-il. "Avec les chirurgiens-dentistes, nous pratiquons une certaine forme de conventionnement, afin de mieux encadrer les restes à charge", explique Thierry Beaudet.

Quoi qu'il en soit, cette mesure soulève encore quelques questions, pour le moment sans réponse. En optique, "j'imagine que le reste à charge zéro portera exclusivement sur la prothèse…", et non sur la monture, suppose Thierry Beaudet. Par ailleurs, concernera-t-elle l'ensemble de la population, ou une partie d'entre elle ? Par conséquent, "le périmètre exact doit faire l'objet d'une négociation entre tous les acteurs concernés".

La concertation devra être également de mise pour l'institution des trois contrats santé type. S'il "comprend les objectifs de tels contrats", le président de la Mutualité Française entend veiller "à ce que cela ne devienne pas une couche réglementaire et administrative trop lourde, alors que notre activité est déjà extrêmement administrée".

Par ailleurs, réagit Thierry Beaudet, "faire porter sur les seules complémentaires la responsabilité de la complexité ou de la non-lisibilité des garanties est un peu fort ! Nous sommes des organismes complémentaires et nous intervenons par conséquent en complément de la Sécurité sociale. Pour exprimer nos garanties, nous sommes obligés de nous référer à la nomenclature tarifaire de la Sécu. Or, cette nomenclature qui comprend des milliers de références est incompréhensible pour le grand public. Comment sans travail sur cette nomenclature pourrions-nous parvenir à simplifier la lisibilité de nos contrats ?".

A lire aussi dans la presse

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)