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Reste à charge zéro : « Attendons de mesurer l’équilibre global de la réforme »

Pour Thierry Beaudet, le président de la Mutualité Française, invité le 20 juin 2018 sur BFM Business, la réforme du reste à charge zéro est une "avancée sociale". Mais il est trop tôt pour juger de son équilibre global.

Invité le 20 juin 2018 de "12h, L'heure H", sur BFM Business, le président de la Mutualité Française, Thierry Beaudet, est revenu sur plusieurs des thèmes abordés lors du 42e Congrès de la Mutualité Française, qui se tenait la semaine passée à Montpellier.

Lors de cette manifestation, qui a accueilli en ouverture le chef de l'Etat, a été abordée la question du reste à charge zéro pour les prothèses optiques, dentaires et auditives, l'une des principales promesses de campagne d'Emmanuel Macron.

Interrogé sur cette réforme en cours, Thierry Beaudet s'est déclaré "satisfait, parce que nos mutualistes l'attendent".

Cette prise en charge à 100% leur permettra d'accéder à des soins importants, a-t-il ajouté. En effet, "un Français sur cinq renonce à des soins dentaires" et " seulement une personne malentendante sur trois est appareillée".

Dans ce contexte, la mise en place du reste à charge zéro lui paraît donc être "une avancée sociale dès lors que ça ne renchérit pas pour eux, de manière trop importante, le coût de leur complémentaire santé".

Interrogé sur une éventuelle hausse des cotisations, "il faut dire les choses sincèrement", a déclaré le président de la Mutualité Française. "Chaque année, a-t-il rappelé, à l'occasion de la loi de financement de la Sécurité sociale, les parlementaires votent une augmentation des dépenses d'assurance maladie". Chaque année, la Sécurité sociale voit donc augmenter ses remboursements (de 2 à 3% par an sur la dernière décennie). Pour y faire face, elle augmente ses recettes via les prélèvements obligatoires, lesquels sont moins visibles que des cotisations aux yeux des Français.

Les complémentaires santé n'échappent pas à cette contrainte, a-t-il fait observer : quand les remboursements augmentent, il faut accroître les recettes, et donc, les cotisations. Ces dernières suivent le même rythme que les dépenses d'assurance maladie.

Or, fait valoir Thierry Beaudet, "les mutuelles sont gérées à l'équilibre", ne bénéficient pas, comme c'est le cas pour la Sécurité sociale, d'une Caisse d'amortissement de la dette sociale (Cades). "On ne renvoie pas sur de générations futures, les dépenses d'aujourd'hui."

Dans le cadre des négociations sur le reste à charge zéro, "tous les acteurs ont été amenés à faire des efforts" : les professionnels de santé, en encadrant un certain nombre de leurs tarifs, les complémentaires, en augmentant leurs remboursements. Aussi, Thierry Beaudet salue-t-il la méthode de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, "qui associe les uns et les autres".

Mais il faudra attendre le déploiement effectif du reste à charge zéro pour connaître l'équilibre global de la réforme et apprécier la nécessité d'ajuster les cotisations. "Les dépenses supplémentaires en dentaire et en audioprothèse seront peut-être compensées par des moindres dépenses en optique", espère Thierry Beaudet. Cela dépend à la fois du comportement des Français et de la nature des personnes protégées.

Le président de la Mutualité a par ailleurs évoqué plusieurs pistes de rénovation du système de santé. L'une d'elles consiste à mieux penser "le parcours du patient", non seulement afin d'améliorer sa prise en charge, mais aussi pour éviter des actes redondants.

Envisager de nouveaux modes de rémunération pour les médecins est également envisageable. "On ne fera pas de médecine sans médecins, donc il faut partir de leurs aspirations", a souligné l'invité de BFM Business.

Puisqu'aujourd'hui les jeunes médecins sont réticents à s'installer comme leurs aînés, pourquoi ne pas imaginer de nouveaux modes d'exercice. Par exemple, via une "hybridation des structures", privées-publiques ou lucratives et non-lucratives. Mixage déjà opérationnel sur certains territoires autour de plusieurs établissements mutualistes, a indiqué Thierry Beaudet.

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)