Répartition des médecins : marche arrière

Hier soir, les députés réunis en commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale ont supprimé deux des articles du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2008, annonce France Info. Ces articles, à l’origine du mouvement de grève des internes, demandaient notamment aux syndicats de médecins de négocier avec l’assurance maladie afin d’assurer une meilleure répartition des professionnels sur le territoire.

Ce retrait est intervenu après la visite hier de Nicolas Sarkozy au CHU de Bordeaux dans un contexte tendu. Les organisations d’internes, jeunes médecins et étudiants avaient au préalable annoncé de nouvelles journées de mobilisation et la poursuite de la "grève totale et illimitée" pour lutter contre ces dispositions du PLFSS.

A l’écoute des inquiétudes des internes, le président de la République a annoncé qu’ils seraient désormais "associés aux négociations", rapporte Libération (page 16). Il a également rappelé son attachement "à la liberté d’installation", "principe fondateur de notre médecine libérale".

La commission des Affaires sociales a donc manifestement entendu ce message en retirant les articles incriminés dans la soirée. Selon France Info, ce retrait n’est que provisoire car un nouvel amendement au PLFSS devrait être examiné aujourd’hui. Comme l’explique le rapporteur du texte, Yves Bur (UMP, Bas-Rhin), il permettra d’associer "à la négociation conventionnelle entre les syndicats de médecins et l’assurance maladie, les organisations d’étudiants et d’internes en médecine". "Rien ne se fera sans eux", justifie-t-il…

Tout en installant la commission Larcher chargée de la concertation sur les missions de l’hôpital, Nicolas Sarkozy a également profité de son déplacement à Bordeaux pour dresser les grandes lignes de la réforme hospitalière, indique Le Figaro (page 22). L’une de ses priorités est de réinjecter de "la souplesse dans la gestion" de l’hôpital "qui crève de la rigidité". Pour cela, il aspire à une autonomie de gestion des établissements, avec un directeur qui soit le "patron reconnu, le seul", rapporte ce journal.

Dans le même élan, comme "un établissement sur deux est actuellement dans le rouge", poursuit Le Figaro, il ne souhaite "plus aucun déficit d’exploitation à la fin de [son] mandat". Pour entreprendre un tel projet, souligne à son tour Libération, il souhaite mettre en place "la tarification à l’activité à 100% pour les courts séjours, dès 2008". En matière d’économie, les chefs d’établissement pourront également "décider librement de transférer au privé des activités logistiques qui ne sont pas au cœur des missions de l’hôpital".

Enfin, conclut Le Figaro, des contrats d’objectifs entre les agences régionales d’hospitalisation et les établissements, mais aussi entre la direction d’un hôpital et ses médecins, seront établis en vue d’une rémunération à la performance. Selon Libération, dans ce discours, "rien de concret en matière d’accès au soin ou de qualité d’exercice pour les praticiens" n’a en revanche été exposé.

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Cet après-midi, dans le cadre de la Journée mondiale du refus de la misère, Nicolas Sarkozy doit prononcer un discours devant le Conseil économique et social, rapporte Le Parisien/Aujourd’hui (page 12). Il devrait y rappeler ses objectifs pour lutter contre la situation de précarité que rencontrent 7,1 millions de personnes, vivant sous le seuil de pauvreté fixé à 817 euros par mois.

Selon Le Figaro (page 9), même si ce chiffre a augmenté l’an dernier passant de 11 à 12% de la population, il reste autour de ce seuil depuis près de vingt ans. Pour le haut-commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté, Martin Hirsch, la pauvreté des jeunes et des actifs est en augmentation. Dans un entretien qu’il accorde à La Croix (pages 2 à 3), il souligne toutefois que les "personnes âgées y sont de nouveau confrontées" et que le problème des travailleurs pauvres n’a pas été enrayé. Pour résumer, dit-il, "on peut dire que la pauvreté s’est rajeunie, qu’elle n’est plus aux marges de la société mais en son cœur et qu’elle s’est complexifiée, puisque les personnes qui en souffrent cumulent souvent des difficultés de logement, d’emploi, de surendettement, de santé, etc".

Frédéric Lavignette

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