Réouverture du dossier retraite

La retraite à 60 ans fait son retour. Tout au moins partiellement. Pro­messe de François Hollande durant la campagne électorale, ce chantier devrait être rapidement mis en œuvre par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Hier, rapporte L'Humanité (pages 2 et 3), le Premier ministre a dé­claré qu'un décret pourrait être promulgué "dans trois semaines" afin d'instituer la possibilité d'un "départ à la retraite à 60 ans pour celles et ceux, uniquement, qui ont commencé à travailler à 18 et 19 ans. Ces derniers pouvant partir à taux plein s'ils ont cotisé 41 ans".

Pour Jean-Marc Ayrault, poursuit Libération (pages 2 à 4), "autour de 100 000 personnes" pourraient être concernées dès cette année, soit 20 % d'une classe d'âge. Cette mesure, ob­serve le quotidien, sera "intégralement financée" et "n'entraînera pas un euro supplémentaire de dépense publique, en étant compensée par une hausse des cotisations retraite des salariés et employeurs de même ampleur, à hauteur de 0,1 % par an".

Sous sa forme actuelle, elle coû­tera 5 milliards d'euros par an, soit 15 milliards d'euros cumulés en 2017.
Reste une question à régler, relèvent Les Echos (page 3) : "C'est de savoir si l'on tient compte uniquement de la durée effectivement cotisée […], ou si on élargit aux trimestres validés." Dans le premier cas, le service national, les congés maternité et les congés maladie sont comptabilisés. Dans le second, on tient compte des périodes de chômage et des majorations accordées aux mères de familles.

Pour plusieurs syndicats, la mesure telle qu'elle est présentée par le gouvernement exclut des dizaines de milliers de salariés. La CGT et FO réclament le retour de la retraite à 60 ans pour tous. Selon Le Figaro (page 20), "la CGT demande que tous les trimestres validés, mais non travaillés, soient pris en compte". Du côté de Force ou­vrière, "ce qu'on veut, c'est que le chômage et la majoration de durée d'assurance pour enfant puissent aussi compter […]", rapporte La Croix, en citant Philippe Pihet, chargé des retraites du syndicat.

"Pas question d'ouvrir davantage les vannes !", a répondu le Premier ministre, hier matin, dès l'ouverture du second Conseil des ministres, signale Le Parisien/Aujourd'hui (page 4). Toutefois, croit savoir le quotidien, le gouvernement se réserverait la possibilité de "lâcher un peu de lest en direction des mères de trois enfants" en prenant en compte, dans le calcul des années cotisées, les périodes liées aux congés maternité.

Les centres de santé : la solution d'avenir ?
"L'arrivée de la gauche au pouvoir va-t-elle booster" les centres de santé ? se demande Libération (page 12). Selon Christophe Jaquinet, directeur général de l'agence régionale de santé (ARS) Rhônes-Alpes, la ministre des Affaires sociales et de la Santé "y serait favorable". Pour sa part, Christophe Jaquinet mise sur le développement de ces structures qui représentent pour lui une "alternative séduisante à la médecine libérale", rapporte Libération.

Les professionnels de santé semblent apprécier "d'être salariés et dispensé des tâches administratives, d'exercer dans un environnement pluriprofessionnel […]", note le quotidien. Grâce à ce mode d'organisation des soins, estime le responsable de l'ARS, on serait en mesure de "pallier en partie la diminution du nombre de professionnels de santé, notamment dans les territoires ruraux et urbains sensibles".

Cependant, relève le journal, "l'équilibre économique des centres de santé est fragile" et les difficultés financières qu'ils rencontrent "entravent leur développement". En Rhône-Alpes, l'ARS pourrait intervenir dans le financement, a annoncé Christophe Jaquinet.

Frédéric Lavignette

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