« Le renoncement aux soins n’est pas qu’une affaire financière »

Dans un entretien à L'Infirmière libérale magazine, le président de la Mutualité Française, Thierry Beaudet, appelle à lutter "contre les inégalités sociales, géographiques ou économiques", en matière de santé.

En France, le "double système de remboursement permet-il de combattre efficacement le renoncement aux soins ?", s'interroge L'Infirmière libérale magazine du mois de mai.

Comme le fait valoir le président de la Mutualité Française, Thierry Beaudet, "après intervention de la Sécurité sociale et des mutuelles, les ménages supportent les restes à charge les plus faibles des pays développés".

"Pour beaucoup de nos concitoyens, le bénéfice d'une mutuelle est une condition sine qua non de l'accès aux soins, constate-t-il. Mais le renoncement n'est pas qu'une affaire financière : déserts médicaux et délais d'attente sont également à prendre en compte. La vraie question, c'est donc la lutte contre les inégalités sociales, géographiques ou économiques."

Philippe Batifoulier, professeur d'économie de la santé à l'université Paris 13, estime, au contraire, que "l'existence même d'assurances complémentaires est inégalitaire", parce qu'"il y a des gens qui n'en ont pas" et parce que "ceux qui en ont une n'ont pas tous la même".

Quelle articulation entre le régime obligatoire et les complémentaires ? "La Sécurité sociale et les mutuelles collaborent quotidiennement sur les territoires (…)", observe Thierry Beaudet. Elles "constituent même une sécurité pour nos concitoyens, en neutralisant les reculs de la Sécurité sociale et en prenant en charge les déremboursements successifs décidés par les pouvoirs publics", explique-t-il. Pour le président de la Mutualité, contrairement à la Sécu, "les mutuelles sont des acteurs globaux de la santé".

Pour preuve, "leur offre sanitaire, sociale et médico-sociale, avec plus de 2.600 établissements et services présents partout en France, y compris dans des zones parfois qualifiées de périphériques. Tout comme le fait que les mutuelles sont le premier acteur de prévention après l'Etat".

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John Sutton

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