Remettre le patient au centre du système de santé

Des extraits du rapport sur "la stratégie nationale de santé" piloté par Alain Cordier, membre de la Haute Autorité de santé et ancien directeur général de l'AP-HP, sont publiés ce matin dans Libération (pages 12 et 13) et sur le site Internet du Monde (www.lemonde.fr). Le rapport intégral est publié dans la lettre (n° 256) du 15 juillet d'Espace social européen.

Le rapporteur et son groupe d'experts constatent que l'organisation des soins centrée autour de l'hôpital ne fonctionne plus et estiment que "le nouveau système doit être bâti autour des patients et non plus des structures". Le rapport, commandé en février par le Premier ministre, émet dix-neuf recommandations. Il propose notamment de "réorganiser le pilotage national, actuellement bipartite", souligne lemonde.fr. D'un côté, sous l'autorité de l'Etat, est conduite la politique de prévention, de sécurité sanitaire et de soins hospitaliers. De l'autre, l'assurance maladie gère les soins de ville, les remboursements et l'indemnisation de l'incapacité de travail.

Pour le comité d'experts, ce "bicéphalisme" conduit à de "nombreuses faiblesses" dans la cohérence de la politique publique : cloisonnement de la régulation, décisions non coordonnées, dispersion des financements… Les experts proposent de renforcer le rôle de l'Etat en créant une Direction générale de la stratégie nationale de santé, placée sous son autorité, et de confier à l'assurance maladie la gestion des données de santé (www.lemonde.fr). Dans un autre re­gistre, les "sages" demandent que l'assurance maladie et les complémentaires santé prennent des "mesures techniques nécessaires à la mise en place au 1er janvier 2014 du tiers payant chez tous les médecins libéraux du secteur 1".

Parmi les autres recommandations du rapport, Libération (page 13) cite pêle-mêle : "réformer les modalités de rémunération et de tarification" des médecins, "œuvrer au développement de nouvelles fonctions et de nouveaux métiers de santé", "lancer un service public territorial de santé, en favorisant la constitution d'équipes de soins primaires" ou encore "créer une instance représentative des associations" de patients. Enfin, le comité souhaite accroître l'autonomie des agences régionales de santé (ARS), "avec un pilotage national totalement réorganisé".

Jean-Paul Delevoye, président du Conseil économique, social et environnemental (Cese), interrogé par Libé­ration, approuve les préconisations du rapport Cordier, mais il estime qu'"il faut aller plus loin sur les questions de financement". "Il y a des choses intéressantes", juge de son côté Claude Rambaud, du Collectif interassociatif sur la santé (Ciss), mais elle "reste frappée par l'absence de propos sur la iatrogénie, c'est-à-dire les effets pathogènes des médicaments […] et sur les infections nosocomiales".

La recherche sur l'embryon autorisée
Le Parlement a définitivement adopté hier, par un vote des députés, la proposition de loi autorisant la recherche sur l'embryon des cellules souches. Elle a été soutenue par le gouvernement pour que la France rattrape son "retard", rapportent Les Echos (page 2). Ce texte déposé par les radicaux de gauche a été adopté par 314 voix contre 223. "On va passer d'un système de transgression à un système normal d'autorisation encadrée", estime, dans L'Humanité (page 6), Marc Peschanski, biologiste et directeur de recherche à l'Inserm.

Quelles maladies pourraient profiter de ces recherches ? "Dans les mois qui viennent, on prévoit des tentatives de traitement pour la reconstruction du cœur après un infarctus du myocarde. Des essais cliniques pour la cicatrisation des ulcères cutanés non traitables pourront être lancés", explique Marc Peschanski. "De même sur le diabète et les cellules productrices d'insuline, ajoute-t-il. C'est un domaine de recherche très vaste car ces cellules sont capables de reproduire n'importe quelle cellule de l'organisme."

John Sutton

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