Regards de patients

A l'initiative du Collectif interassociatif sur la santé (Ciss), Ipsos a interrogé plus d'un millier de patients sur la nature de leur relation avec le milieu médical. Libération (page 20) dégage trois constats essentiels de cette enquête. Le premier concerne la perception des Français sur le dispositif du médecin traitant. Ainsi, "deux Français sur cinq trouvent son accès plus difficile". C'est le cas de 45% des femmes et de 31% des hommes. En outre, 61% des usagers se plaignent des dysfonctionnements du système de santé (ils étaient 69% en 2001).

Interrogés sur les "dessous-de-table", 8% d'entre eux disent avoir été soumis à ce type de demande au cours des trois dernières années, souligne Le Parisien/ Aujourd'hui (page 8). En outre, 41% des patients ont été confrontés à des dépassements d'honoraires. Ce sont en général des femmes à 46% (contre 37% d'hommes) et des personnes âgées de plus de 35 ans.

L'autre enseignement du sondage concerne l'information délivrée au patient par le médecin. Ainsi, 78% des Français apprécieraient obtenir de leur médecin la totalité des informations "en cas de diagnostic ou de choix de traitement compliqué". A la question de savoir quel serait leur médecin "idéal", 93% des personnes interrogées répondent qu'il s'agit d'un professionnel de santé qui leur "explique clairement la situation, [leur] présente les choix possibles et [les] associe à la décision".

Dernier constat : pour trois Français sur quatre, il est "souhaitable", voire "primordial", que les informations contenues dans le dossier médical personnel soient choisies par les patients. "Cela conforte notre volonté d'un masquage sélectif des informations dans le dossier médical", réagit le Ciss.

Le Ciss entend prendre appui sur ce sondage pour interpeller les candidats à l'élection présidentielle, notamment sur le thème de la "démocratie sanitaire", relève Libération. Mais ce collectif d'usagers de santé entend également poser aux candidats la question des inégalités de santé, du financement et de l'organisation du système de santé.

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Interrogé sur la mise en place du parcours de santé mutualiste, le président de la Mutualité française indique, dans un entretien publié sur le site Internet de L'Expansion, qu'un centre de contacts téléphoniques sera expérimenté "dans le courant de l'automne". Il permettra aux adhérents "d'être dirigés vers les hôpitaux et les cliniques les plus à même de traiter leurs pathologies", explique Jean-Pierre Davant. "Nous allons commencer avec le cancer, puis nous ferons de même avec les maladies cardiovasculaires, les addictions et la dépendance", poursuit-il.

Cette initiative est motivée par le simple constat que "la qualité des soins n'est pas la même partout". "Pour le cancer, par exemple, des études montrent qu'une part des établissements de soins n'est pas aux normes. Les équipements de radiothérapie y sont trop anciens, ou les personnels n'y réalisent pas suffisamment d'actes techniques. Nous allons les identifier, puis nous passerons des conventions avec ceux qui respectent les normes en vigueur, afin de les recommander à nos adhérents."

Pour Jean-Pierre Davant, cette démarche permettra de rendre "le système de santé plus transparent, car l'opacité actuelle est préjudiciable aux malades". "Si nous conseillons à nos 38 millions d'adhérents de préférer tel établissement plutôt que tel autre, il y aura un impact [sur les établissements] : les moins bons devront se mettre à niveau", conclut-il.