Réformer l’assurance maladie

"Il faut revoir les règles d’installation des professionnels de santé dans les zones où l’on constate une évolution défavorable de la démographie médicale", affirme Michel Régereau, président (CFDT) de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), dans un entretien à La Tribune (page 29). "Il y a une obligation de service public pour les professions médicales et paramédicales (...). On ne doit plus laisser une liberté totale d’installation aux soignants", ajoute-t-il.

Le président de la Cnam déplore également des dysfonctionnements dans la permanence des soins. "Le volontariat individuel a ses limites lorsqu’il exonère de toute obligation collective."

Dans cet entretien, Michel Régereau prône aussi le développement des "paiements au forfait notamment sur des pathologies lourdes, à la place des paiements à l’acte". Interrogé sur une éventuelle réforme du dispositif des affections de longue durée (ALD), prises en charge à 100%, le président de la Cnam n’y est pas opposé "si l’on mène une réflexion coordonnée avec l’assurance maladie et les organismes complémentaires".

Toujours dans le domaine de l’assurance maladie, mais concernant son financement, Les Echos (page 33) indiquent que la ministre de la Santé débutera cette semaine une série de rencontres avec les différents acteurs des complémentaires santé. Au menu des discussions : la prise en charge, ou non, par les complémentaires des nouvelles franchises médicales.

"Tout intervenant, mutualiste ou privé, ne peut accepter que les pouvoirs publics fixent arbitrairement ce qui est assurable ou pas. D’autant qu’avec ces nouvelles franchises, on sort de l’argument sur la responsabilisation des patients et des assureurs, qui a dicté la mise en oeuvre du parcours de soins et de contrats responsables", confie un dirigeant mutualiste aux Echos. Selon ce quotidien économique, "la Mutualité devrait prôner leur prise en charge, à l’image de ce qu’elle fait avec le forfait hospitalier de 18 euros".

Les Echos (page 4) indiquent également que le rapport sur le "bouclier sanitaire" devrait être remis la semaine prochaine au gouvernement. L’idée est de fixer un plafond des restes à charge pour les assurés au-delà duquel les soins seraient pris en charge intégralement par le régime obligatoire. Selon ce quotidien, ce rapport propose d’instaurer un plafond proportionnel au revenu, comme c’est le cas en Allemagne.

Vu la complexité du dispositif, sa mise en oeuvre ne pourrait se faire "avant le 1er janvier 2010". En outre, le rapport recommande que l’instauration du bouclier sanitaire "s’accompagne d’une action résolue sur les dépassements d’honoraires, comme la garantie d’un accès aux soins à des tarifs opposables, sur un territoire donné".

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"La bombe Fillon", titre Le Parisien/Aujourd’hui en "une". Ce journal estime que "François Fillon voulait exister. C’est fait". "En se déclarant “prêt“ à réformer les régimes spéciaux de retraite – un projet politiquement explosif – le Premier ministre a provoqué hier une levée de boucliers des syndicats. Le président Sarkozy va-t-il donner son feu vert ?", s’interroge Le Parisien.

"Les syndicats brandissent la menace d’un conflit majeur", relèvent Les Echos en "une". "La rentrée sociale se complique", constate La Croix (pages 1 à 3), qui rappelle que la réforme des régimes spéciaux s’ajoute à d’autres projets sensibles comme la création de nouvelles franchises médicales.

"Retraites : la conversion du PS", titre pour sa part Le Figaro. Ce quotidien constate que "la réforme des régimes spéciaux est dénoncée par les syndicats, mais approuvée par de nombreux responsables socialistes". Enfin, la "une" de Libération alerte avec humour ses lecteurs sur "les dangers des régimes"…

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)