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Réformer l’hôpital : une priorité pour 2018

La ministre de la Santé a fait de l'hôpital une de ses priorités pour 2018. Elle veut mettre en place un nouveau mode de financement valorisant la pertinence des actes et non pas leur nombre.

"Stop à l'hôpital entreprise, à la pression administrative, aux pressions budgétaires", a déclaré Agnès Buzyn le 12 janvier 2018 sur Europe 1. "Je tiens à ce que notre hôpital retrouve sa place. Des annonces vont être faites", a ajouté la ministre de la Santé. "Les maux sont connus : étranglés financièrement, les hôpitaux publics – qui devraient connaître un déficit historique de 1,5 milliard d'euros en 2017 – ont tiré la sonnette d'alarme en décembre", rappelle Le Figaro. Les personnels, à qui l'on demande de faire plus avec moins de moyens, sont stressés et épuisés. Depuis plusieurs semaines, des mouvements de grève ont lieu, notamment à Grenoble et à Rennes, contre la dégradation de leurs conditions de travail et le manque d'effectifs.

"La ligne rouge est dépassée", a alerté fin décembre Frédéric Valletoux, président de la Fédération des hôpitaux de France (FHF), appelant le gouvernement à "des réformes structurelles et financières désormais vitales". La situation est aussi tendue dans les cliniques et établissements privés, comme le constate Lamine Gharbi, son homologue de la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP). De son côté, la ministre de la Santé a commencé à apporter un début de réponse dans le cadre de la loi de financement de la Sécu pour 2018. "Je rajoute 1,8 milliard sur l'hôpital public en augmentant de 2,2% l'objectif national des dépenses d'assurance maladie (Ondam) pour les hôpitaux. C'est de l'argent en plus par rapport à 2017", a-t-elle annoncé. Malgré ce coup de pouce, comme les dépenses continuent d'augmenter, les hôpitaux devront tout de même réaliser 1,6 milliard d'euros d'économies en 2018, précise Le Figaro.

La ministre propose surtout de revoir les modes de financement de l'hôpital et de "sortir progressivement du tout T2A". La taxe à l'activité (T2A), qui fixe les ressources des hôpitaux en fonction des actes produits, a généré une course effrénée à la recherche de patients et aux parts de marché, et une inflation du nombre d'actes pour satisfaire à la rentabilité. "Je veux valoriser ceux qui font bien et arrêter de valoriser ceux qui font uniquement du chiffre, assure-t-elle. Il faut mettre l'accent sur la qualité des soins, la capacité à faire de la bonne médecine." L'objectif est de mieux prendre en compte la pertinence des actes, alors que tous les rapports montrent que 25% des dépenses de santé environ sont liées à des actes inutiles ou redondants, explique Le Figaro. Comment concevoir ce nouveau modèle de financement valorisant la qualité ? "C'est très compliqué techniquement. Il n'y a dans les tiroirs aucun modèle alternatif. Il faut qualifier les bonnes pratiques", selon Agnès Buzyn.

Parallèlement, on peut "réaliser 1 milliard d'économies potentielles sur les groupements d'achats" et "faire des progrès sur le prix des médicaments hospitaliers", estime la ministre. En France, la part de l'hôpital dans les dépenses totales de santé s'élève à 40% (contre 29% en Allemagne). La France reste le 3e pays de l'OCDE avec la plus longue durée moyenne de séjour à l'hôpital (10 jours contre 7,8 ailleurs) et un des pays européens où le taux de chirurgie ambulatoire reste le plus faible.

Comment soulager le personnel hospitalier ? "Il faut revaloriser un certain nombre de professions au sein de l'hôpital public, les aides-soignantes dans les Ephad, redonner espoir aux professionnels de santé", juge la ministre de la Santé.

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John Sutton

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