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Réforme des retraites : des efforts partagés

Deux heures à peine après le dernier round de concertation avec les partenaires sociaux, le Pre­mier ministre a présenté hier sa réforme des retraites, un dossier politique et social particulièrement explosif. "C'est une réforme équilibrée, qui partage équitablement les efforts entre toutes les forces de la Nation. C'est une réforme structurelle qui assure l'avenir de nos régimes de retraites", a estimé Jean-Marc Ayrault, cité dans Le Figaro (page 22). Si l'âge légal de départ à la retraite n'est pas modifié (62 ans), il faudra, dès 2020 et jusqu'en 2035, "cotiser un trimestre de plus tous les trois ans pour bénéficier de sa retraite à taux plein", indique Le Parisien/Aujourd'hui (page 2). Cette durée est de 41 ans actuellement et elle atteindra 41 ans et trois trimestres en 2020 et 43 ans en 2035 pour les assurés nés en 1973, précisent Les Echos (page 3).

Côté financement, le gouvernement a écarté la voie d'une hausse de la contribution sociale généralisée (CSG), optant pour une hausse des cotisations salariales et patronales. "Les salariés du privé verront leurs cotisations retraite augmenter de 0,3 point sur quatre ans […] et les employeurs seront soumis à une hausse identique", détaille Le Figaro. Ces augmentations concerneront également les fonctionnaires. Quant aux retraités, l'exécutif a décidé que "les majorations de pension dont bénéficient ceux qui ont eu au moins trois enfants seront fiscalisées" et que les pensions seront désormais revalorisées le 1er octobre et non le 1er avril, ce qui permet d'économiser 1,4 milliard, relèvent Les Echos.

Par ailleurs, cette réforme prévoit la mise en place d'un compte épargne pénibilité à partir de 2015. Il permettra aux travailleurs exposés à des risques professionnels "d'accumuler des points afin de racheter des trimestres ou de suivre une formation pour se reconvertir", explique La Croix (page 3). Ce dispositif sera financé par les employeurs : "Une cotisation de toutes les entreprises et une cotisation spéciale pour celles qui emploient dans des conditions de pénibilité", précise le quotidien catholique.

Enfin, pour les jeunes, les apprentis pourront valider leurs trimestres d'apprentissage et les règles de validation seront assouplies pour les personnes cumulant emplois partiels et bas salaires, ce qui est souvent le cas des femmes. Interrogée par Le Parisien/Aujourd'hui (page 3), la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, estime que le gouvernement a "agi dans la justice – en prenant notamment en compte la pénibilité – et dans la durée : cela évitera d'avoir à faire des réformes tous les trois ou quatre ans".

Pour Libération (page 11), cette ré­forme est un "splendide concentré du hollandisme […] qui cherche d'abord les équilibres politiques et évite les sujets de rupture". L'exécutif a en effet évité deux sujets particulièrement sensibles : les régimes spéciaux et les spécificités des modes de calcul des retraites des fonctionnaires, relève Libération.

Du côté des syndicats et des partis politiques, les réactions sont naturellement divergentes. Si le Parti socialiste approuve les mesures annoncées, l'UMP estime que cette réforme "ne fait qu'augmenter les taxes" et Jean-Luc Mélenchon, co-président du parti de gauche, dénonce "une série de ponctions". (Le Figaro, page 22). Pour sa part, la CFDT se réjouit des "mesures de justice obtenues", mais la CGT estime "ne pas avoir été entendue" et ap­pelle à la manifestation pour le 10 septembre.

Distilbène® : enquête sur trois générations
Pour déterminer les conséquences du diéthylstilbestrol (DES), ou Distilbène®, sur la santé des enfants exposé in utero à ce produit mais aussi des petits enfants des femmes traitées avec cette hormone, une enquête a été lancée en avril par le réseau D.E.S France, rappelle Le Pa­ri­sien/Au­jourd'hui (page 12). Objectif : "Faire l'inventaire des effets du Distilbène® sur trois générations", explique, dans ce quotidien, Michel Tournaire, ancien chef de service à la maternité St-Vincent-de-Paul (Paris) et conseiller médical du réseau D.E.S France.

On sait d'ores et déjà que les enfants nés des femmes ayant pris cette hormone "souffrent de graves malformations de l'utérus chez les filles, de l'urètre ou des testicules chez les garçons". Il convient désormais de déterminer dans quelles proportions leurs petits-enfants sont également touchés et si les filles DES sont plus exposées que les autres au cancer du sein.

Cette enquête, "pilotée par le réseau D.E.S France, la Mutualité Française et financée par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé" s'adresse aux femmes de 36 à 63 ans dont la mère a reçu un traitement au DES durant la grossesse et aux femmes non exposées à cette hormone, afin d'établir des comparaisons, mais aussi plus largement à toutes les familles concernées par le DES. "Nous recherchons encore 2 000 témoins", signale Michel Tournaire. Ces derniers sont simplement invités à répondre à un questionnaire anonyme en ligne, disponible jusqu'au 31 août. Cliquer ici pour en savoir +.
Jean-Michel Molins