Redéfinir la carte hospitalière

Le rapport sur l’hôpital que doit présenter Gérard Larcher, ancien ministre du Travail, dans les prochains jours, doit redéfinir la carte sanitaire et le statut des praticiens à l’hôpital public. Mais “pour réformer en profondeur l’hôpital et permettre son retour à l’équilibre financier, une meilleure gestion des ressources humaines” doit être également entreprise, estiment Les Echos (page 10).

D’ores et déjà, la mise en place de pôles, prévus dans le cadre du plan hôpital 2007, a déjà permis d’amorcer quelques changements dans la gestion du personnel et des établissements. Depuis le 1er janvier 2007, tous les hôpitaux sont “théoriquement” censés avoir finalisé cette étape de découpage.

Outre le fait que ce découpage permet de définir les budgets prévisionnels indispensables au déploiement de la tarification à l’activité (T2A), “la création de pôles, regroupant plusieurs services hospitaliers sous l’égide d’un médecin, vise (...) à mieux associer les équipes opérationnelles à la gestion des 1.035 établissements publics, jusqu’ici chapeautés par les directions administratives”, explique le quotidien économique.

Ces pôles réunissent de deux à une dizaine de services, soit entre 200 et 800 salariés. Dans ce dispositif, le personnel est déployé selon de nouveaux objectifs “évalués annuellement avec des indicateurs de performances, déterminés par les animateurs des pôles et les directions”, indiquent Les Echos.

Pour l’ancienne directrice générale de l’AP-HP, cette réforme est “globalement excellente”. Rose-Marie van Lerberghe estime que “les pôles doivent être le lieu de convergence des points de vue entre le personnel médical, soignant et administratif”. L’hôpital souffre toujours d’un cloisonnement des mentalités, constate-t-elle. Les médecins, nommés par le ministre, “ne rendent des comptes à personne”, regrette-t-elle. De leur côté, les infirmières, affectées par le directeur de soins, “ne sont pas tenues juridiquement d’obéir au médecin”. Quant à l’administration, elle n’a pas de pouvoir sur les effectifs opérationnels.

Pour Rose-Marie van Lerberghe, le malade doit évidemment rester au centre des préoccupations de l’hôpital. L’objectif de ce dernier “n’est pas de faire du profit”. Toutefois, “ce n’est pas une raison pour rejeter toute idée de performance ou de contrôle de résultat, ces notions sont compatibles avec celle de service public”.

 

Revenu de solidarité active : débat sur sa généralisation

Malgré les prévisions d’économies annoncées par le Premier ministre, le haut-commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté continue de préparer la généralisation du revenu de solidarité active (RSA) pour 2009. Comme le notent Les Echos (page 4), Martin Hirsch défendra son projet de complément de revenu destiné aux travailleurs pauvres et aux bénéficiaires de minima sociaux au cours de la réunion hebdomadaire du groupe UMP à l’Assemblée nationale.

Selon le quotidien économique, la proposition de Martin Hirsch ne semble pas faire l’unanimité chez les parlementaires. Cependant, même si beaucoup d’entre eux le trouvent trop coûteux à mettre en oeuvre, “ils ne vont pas jusqu’à réclamer le renoncement d’une mesure qui tenait une bonne place dans le projet présidentiel de Nicolas Sarkozy”.

De son côté, le Premier ministre assure que ce projet sera maintenu. “Mais il freine des quatre fers”, estime L’Humanité (page 4) en rapportant les propos de François Fillon : “Bien sûr qu’on va le faire, mais sans ‘augmentation de la dépense publique’”.

D’après Le Figaro (page 2), “les arbitrages auront lieu en mai-juin” en vue du prochain budget. Si le principe de la mise en place générale du RSA était validé pour 2009, “cela ne signifierait pas pour autant un coût plein dès la première année”, note ce journal. Le haut-commissaire envisage sa mise en service au 1er juillet 2009. Dans Le Figaro, il estime que “la question budgétaire se pose mais elle ne doit pas éclipser les autres”.

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)