Rapprochement entre La Mutuelle générale et Malakoff Médéric

C'est avec Malakoff Médéric que la Mutuelle générale a choisi d'engager des négociations afin de "donner naissance au premier groupe d'assurance de personnes en France", indiquent Les Echos. Sur la base des comptes 2013, précise le quotidien économique, la Mutuelle générale et Malakoff Médéric totaliseront 4,6 milliards de chiffre d'affaires, dont 2,4 milliards en santé pour plus de 6,3 millions d'assurés.

Le rapprochement envisagé passera par la création d'une société de groupe d'assurance mutuelle (Sgam). "Il s'agit de construire un outil de solidarité financière et de combinaisons des comptes", explique Patrick Sagon, président de la Mutuelle générale. En outre, cet accord "va se doubler d'accords commerciaux avec la Banque postale, qui est déjà le partenaire de la Mutuelle générale en santé individuelle". Comme l'indique Remy Weber, président du directoire de la Banque postale, dans Les Echos, "nous avions déjà une gamme de produits individuels qui fonctionne bien puisque la Banque postale assurance santé a enregistré 37.000 affaires nouvelles pour un total de 70.000 contrats souscrits depuis octobre 2012. Mais il nous manquait une offre prévoyance en santé collective".

La généralisation de la complémentaire santé en entreprise est à l'origine de ce rapprochement. "Pour aller démarcher les milliers d'entreprises à équiper, il faudra donc un réseau direct. Entre Malakoff Médéric et la Mutuelle générale, nous pourrions déjà nous appuyer sur 1.000 commerciaux et une centaine de boutiques. Et, grâce aux accords commerciaux avecla Banque postale, nous disposerions d'une force de frappe sans équivalent", explique Patrick Sagon. "Notre volonté est d'avoir un nouveau groupe avec un pilier paritaire et un pilier mutualiste vraiment fort ( …), poursuit Guillaume Sarkozy, délégué général de Malakoff Médéric. Ce qui se traduira, expliquent Les Echos, par la création d'un groupement paritaire de prévoyance et d'une union de groupe mutualiste.

 

Les pharmaciens défendent leur monopole

La déréglementation de la profession de pharmacien aura-t-elle lieu comme le souhaitait l'ancien ministre de l'Eco­nomie, Arnaud Montebourg. Le quotidien Les Echos (page 5) exprime des doutes sur la suite donnée à cette réforme, compte tenu de la détermination des officinaux à défendre leur monopole. Le ministère de l'Economie avait annoncé pour septembre un projet de loi réformant trente-sept professions réglementées : huissiers, kinés, auto-écoles, no­taires, architectes, plombiers. Bercy s'appuyait sur les conclusions d'un rapport de l'Inspection générale des Finances (IGF), publié en août, qui, pour faire baisser les prix, suggère notamment d'étendre aux grandes surfaces la vente de médicaments sans ordonnances ou non remboursables. Un changement qui permettrait de "rendre" 400 millions d'euros de pouvoir d'achat aux Français.

Faux, rétorque l'Ordre des pharmaciens, car le prix de ces médicaments "a été stable entre 2009 et 2013 et il augmente moins vite que l'inflation". Une augmentation qui s'explique "totalement par la hausse de la TVA, qui est passée de 5,5% à 7% au 1er janvier 2012", fait valoir cette institution.

Jean-Pierre Folco, pharmacien d'officine et auteur d'une thèse sur l'économie officinale, estime, dans Les Echos, que la déréglementation de la profession serait "un drame pour la sécurité des patients". Mettre un terme au "monopole sur les produits sur lesquels ils ne gagnent déjà rien" ne changera, en revanche, pas la donne pour les pharmaciens, estime-t-il. Les ordonnances font en général plus de 80% du chiffre d'affaires des officines.

Mais c'est la sécurité des patients qui préoccupe surtout les pharmaciens. Ils mettent en avant l'augmentation de la mortalité liée à des overdoses de paracétamol dans les pays où la vente est libre, comme en Suède. "J'ai une responsabilité pénale si je dépasse certaines quantités lorsque je dispense les médicaments. Ce ne sera plus le cas en grande surface", argumente Jean-Pierre Folco. Déréglementer la profession, c'est aussi laisser les pharmaciens s'installer où ils le souhaitent sur le territoire. L'IGF propose de faciliter leur installation dans les zones rurales sous dotées, grâce à des subventions.

John Sutton et Jean-Michel Molins

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)