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Rapport de la Fondation Abbé-Pierre : 1,8 million de demandes de logements sociaux en attente

Hier, la Fondation Abbé-Pierre a remis au chef de l'Etat son 20e rapport annuel consacré aux problèmes de logement. A travers les 300 pages de ce document, l'association caritative note un paradoxe : alors que la précarité ne cesse de croître et pousse de plus en plus de familles à vivre en foyers d'accueil, en chambres d'hôtels ou autres logements de fortune, les aides publiques au logement n'ont, pour leur part, pas du tout augmenté.

En effet, rapporte Libération (pages 12 et 13), la demande en logements sociaux a explosé. En 2002, on répertoriait 850.000 demandeurs. En 2006, ils étaient 1,2 million. Actuellement, on estime à 1,8 million le nombre d'attentes. Or, 467.000 logements seulement ont été attribués.

Cette évolution est l'immédiate conséquence de la crise de l'immobilier en France : le prix des loyers grimpe immodérément, surtout dans les grandes villes, et les propriétaires sont devenus "très exigeants sur les garanties demandées aux locataires (emploi stable, revenu trois fois supérieur au loyer, caution, etc.)".

De fait, les personnes les plus précaires peinent à payer leur loyer ou à trouver un refuge, hormis peut-être dans les 344.000 places recensées en "foyers d'urgence, de stabilisation ou d'insertion", écrit Libération. Comme le montre le rapport de la Fondation Abbé-Pierre, le nombre de procédures engagées par les propriétaires-bailleurs devant la justice afin d'expulser des locataires pour impayés a augmenté de 42% en douze ans.

Face à la montée de la précarité, plusieurs lois ont été adoptées par les pouvoirs publics. Parmi les plus significatives, relève le quotidien, figure la récente loi SRU qui « oblige chaque commune à atteindre un quota de HLM (fixé à 25%), dans un objectif de mixité sociale et pour accroître l'offre de logements sociaux pour les ménages pauvres, modestes, et même moyens dans les grandes villes". Toutefois, les mesures entreprises sont insuffisantes, elles sont même un "échec", estime le rapport qui "préconise un changement de cap dans les politiques publiques".

En effet, rapportent Les Echos (page 5), "les 42 milliards d'euros de dépenses publiques mis en avant par les pouvoirs publics pour 2012 ne représentent que 1.230 euros par logement contre 1.170 euros en 1984, une fois pris en compte l'inflation et l'accroissement du parc, passé de 21,4 à 34,2 millions de logements". Pour le nouveau délégué général de la Fondation Abbé-Pierre, Christophe Robert, la politique menée aujourd'hui en matière d'aide au logement contribue même "à augmenter les inégalités de patrimoine et les inégalités territoriales".

A lire aussi – CGT : portrait de Philippe Martinez

La CGT devrait se doter aujourd'hui d'un nouveau secrétaire général. La centrale doit en effet réunir son comité confédéral national (CNN) pour "trouver enfin une issue à la grave crise provoquée par les révélations sur le train de vie de son numéro un, Thierry Lepaon, élu en mars 2013 et qui a fini par démissionner", expliquent Les Echos (page 3).

Son successeur devrait être Philippe Martinez. Tout au moins si le CNN qui "fait office de parlement" du syndicat accepte la nouvelle équipe de direction constituée par ce dernier. Composée de 10 personnes, cette liste doit recueillir plus des deux-tiers des votes pour être élue.

Agé de 53 ans, d'origine espagnole, Philippe Martinez "porte une moustache tombante à la Astérix", écrit Libération (page 16). Il est entré "comme technicien chez Renault, à Boulogne-Billancourt, en 1982. Il aura gravi tous les échelons, dont celui de délégué syndical central, avant de prendre la tête de la troisième fédération la plus importante de la CGT, avec 60.000 adhérents – la métallurgie –, en 2008". Seul "petit" défaut qu'on lui reproche : son autoritarisme.

Même si "le nom de Martinez ne fait plus trop débat, tant il passe aujourd'hui pour l'homme de l'intérim", remarque Le Parisien/Aujourd'hui (page 8), des questions se posent déjà sur son équipe. Sur les cinq femmes et les cinq hommes qui la composent beaucoup seraient "peu expérimentés", et huit d'entre eux émanent des services publics, ce qui manque d'équilibre. D'autres reprocheraient à cette liste une reprise en main des "durs du PC".

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)