Rapport de l’Irdes : promouvoir l’exercice collectif de la médecine

Les expérimentations des nouveaux modes de rémunération (ENMR) consacrés aux centres, maisons et pôles de santé doivent perdurer. C'est l'enseignement qui se dégage d'un récent rapport publié par l'Institut de recherche et de documentation en économie de la santé (Irdes). Selon cet institut, financé à 80% par l'assurance maladie comme le rappellent Les Echos (page 5), "on a tout intérêt à aider les médecins, infirmières, kinésithérapeutes, à se regrouper", sans pour autant "susciter l'effet d'aubaine".

Actuellement, les maisons de santé, généralement animées par des médecins libéraux, se multiplient. Pour ce qui est des centres de santé, indiquent Les Echos, ils sont le plus souvent financés par des mutuelles, des collectivités locales ou des associations et visent à garantir les soins de premier recours d'une population le plus souvent défavorisée.

En outre, ajoute l'Irdes, "les maisons et pôles de santé accueillent proportionnellement 13% à 15% de patients de plus que des médecins en cabinet". Dans les zones où ces structures se sont ouvertes, on a d'ailleurs constaté un ralentissement de la baisse de la densité de médecins généralistes entre 2008 et 2012.

Pour l'Irdes, il est donc nécessaire de "consolider", voire d'"étendre les mécanismes de rémunération d'équipe". Et "le conseil tombe à pic", notent Les Echos, car "après quatre ans d'expérimentations de rémunérations collectives, les négociations entre l'assurance maladie et les professionnels, visant à pérenniser le soutien financier à l'exercice collectif, ont échoué en novembre". C'est pour ce motif qu'il a été demandé à Bertrand Fragonard, ancien président du Haut Conseil pour l'avenir de l'assurance maladie (Hcaam), de trouver une solution d'ici au 17 février.

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Le compte pénibilité peine à s'installer, remarque Le Parisien/Aujourd'hui (pages 2 et 3). Depuis le 1er janvier, les entreprises doivent recenser l'exposition de leurs employés aux quatre premiers facteurs de pénibilité : le travail de nuit, les activités en milieu hyperbare (c'est-à-dire sous l'eau), le travail en équipes alternantes (autrement dit les 3 x 8) et le travail répétitif.

Cette réforme soulève toujours un flot de critiques du côté patronal. Après s'être opposés toute l'année 2014 à l'adoption de ce dispositif destiné à près de 3 millions de salariés, les chefs d'entreprises estiment qu'il leur est difficile d'effectuer le recensement des tâches pénibles et que la mise en œuvre du compte est "inapplicable, et d'une complexité inouïe", pour reprendre les termes du Medef.

"On ne me fera pas croire que cocher une case sur le bulletin de paye une fois par an pour dire si oui ou non ces personnes sont concernées par les critères de pénibilité, c'est un travail extrêmement difficile et très complexe", a rétorqué avec ironie la ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine.

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)