Radiothérapie : les victimes d’Epinal face à la justice

C'est parce qu'"il y a le feu au lac", indique Libération (page 17) que Roselyne Bachelot a présenté, hier, son plan de qualité sur la radiothérapie. Il faut dire que le décès de 9 patients et la surirradiation de plusieurs milliers de personnes à Epinal et Toulouse ont motivé les réactions de la ministre de la Santé. Après ces accidents récents, estime d'ailleurs ce quotidien, "c'est toute la radiothérapie française qui mérite d'être auscultée et redéfinie".

Pour la sauver de la crise de confiance qu'elle connaît actuellement, rapporte à son tour Le Figaro (page 12), un arsenal de 32 mesures a été avancé par le ministère de la Santé. Ce devrait donc être "le grand chambardement (...) pour les 179 centres de radiothérapies et les 402 machines installées qui délivrent les doses irradiantes, les 663 radiothérapeutes qui prescrivent, les 300 radiophysiciens qui effectuent les calculs de doses et les 2 500 manipulateurs qui utilisent les machines".

Parmi ces mesures, 24 seront mises en œuvre avant la fin janvier 2008. Selon Libération, "la plus nécessaire sera assurément l'obligation, pour les 180 centres de radiothérapie, de recourir à la dosimétrie in vivo". Adoptée plus tôt, cette précaution qui consiste à vérifier les doses réellement reçues par le patient, aurait permis d'éviter le drame d'Epinal.

Dans le même temps, un nouveau dispositif d'autorisation comportant 17 critères (8 au titre de la qualité et 9 au titre de la sécurité) doit être lancé pour que les centres soient conformes. Les critères d'agréments, précise Le Figaro, seront publiés en décembre par l'Institut national du cancer (Inca), et, d'ici à 2010, chacun devra être mis en conformité. Pour la ministre, "l'idée n'est pas de fermer le moindre" établissement, mais de "les mettre tous à niveaux", rapporte Libération.

Une vaste entreprise de formation est donc à attendre car un grand nombre de centres "est confronté à un problème de qualification du personnel", ajoute ce journal. Actuellement, on compte 300 radiophysiciens alors que 600 seraient nécessaires.

Pour l'heure, ce sont les surirradiés eux-mêmes qui réclament un peu de conformité avec la loi. Hier, lors d'une conférence de presse, l'association des irradiés d'Epinal a vivement protesté contre l'Etat, l'accusant de mensonge, indique Libération. En septembre, Roselyne Bachelot s'était engagée à ce que les victimes soient indemnisées "de la meilleure façon et dans les meilleurs délais".

Or, selon l'avocat de l'association, "si les 24 premiers malades ont été bien pris en charge, les 400 autres – correspondant à un autre incident – sont laissés sur la touche". Les assureurs et l'hôpital ont même engagé à leur encontre des procédures devant le tribunal administratif pour contester leur surirradiation. L'hôpital d'Epinal estime en effet que les surdosages subis par ces 400 patients, entre 2000 et 2006, ne sont peut-être pas de son fait. Pour le représentant des victimes, "cette attitude est contraire aux engagements de la ministre de la Santé. Qui croire désormais ? Nous allons saisir le président de la République".

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En intervenant hier soir à la télévision pendant cinquante minutes, Nicolas Sarkozy a annoncé une série de mesures sur le pouvoir d'achat des Français. Pour l'essentiel, rapporte Libération (pages 2 à 4), ils pourront améliorer leur consommation en monnayant avec leur employeur leur RTT. De même, le président de la République entend remettre "sur la table la question du travail du dimanche". Ainsi, titre Le Figaro en "une», il a annoncé "la fin du carcan des 35 heures". Le chef de l'Etat annonce également que les heures supplémentaires des fonctionnaires seront payées comme dans le privé, soit 25% de plus.

En matière d'accès au logement, il suggère une indexation des loyers sur l'inflation et non plus sur l'indice de la construction. A cela s'ajoute, son vœu de supprimer les cautions (par le biais d'une mutualisation publique). Autre changement : un seul mois de dépôt de garantie serait exigé au lieu de deux actuellement, rapporte à son tour Matin plus (page 10).

Enfin, Nicolas Sarkozy prévoit de "remettre en cause les allégements de charges dans les branches où il n'y aura pas de négociations salariées". Dans l'ensemble, observe à son tour L'Humanité (pages 2 à 3), il n'est "pas question de revalorisation salariale".

Frédéric Lavignette

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