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Questions sur les programmes

La présentation du programme de Ségolène Royal a suscité hier de nombreuses réactions. Combien coûteront ses propositions et comment parviendra-t-elle à les financer ? La candidate du PS envisage la gratuité des soins pour les moins de 16 ans, rappelle La Croix (pages 16 et 17) sans en indiquer le coût.

Le principe, rappelle ce quotidien, est de "porter à 100% le remboursement des consultations pour les moins de 16 ans. Une mesure qui, selon elle, devrait s'équilibrer économiquement dans la mesure où la prévention dès le plus jeune âge peut engendrer à terme des économies sur les dépenses de santé".

Cette initiative a été commentée hier par Jean-Pierre Davant, invité sur le plateau du journal de 13 heures de France 2. Le président de la Mutualité française, comme le soulignent Le Figaro (page 8) et L'Humanité (page 6), a estimé que la candidate devait "poser le problème clairement".

"Est-ce qu'il s'agit des 800.000 enfants qui n'ont pas de complémentaire santé, ou est-ce qu'il s'agit vraiment de la gratuité des soins pour les 12 millions de moins de 16 ans ?", a-t-il interrogé. Si ce dispositif devait être généralisé à l'ensemble des jeunes, cela nécessitera "de profondes modifications du système de santé et de protection sociale obligatoire", a ajouté Jean-Pierre Davant.

En attendant des éclaircissements à ce sujet, la presse se lance ce matin dans l'évaluation budgétaire de chaque programme. "La bataille des chiffres est lancée", titrent ainsi en chœur Libération (pages 2 et 3) et Le Parisien/Aujourd'hui (pages 1 à 4).

Selon Libération, peu après le discours de Ségolène Royal à Villepinte, les experts se sont rapidement rués sur leur calculette afin de chiffrer les programmes des deux principaux concurrents de cette campagne. "Jean-Damien Pô, de l'Institut de l'entreprise, évalue les annonces du candidat UMP à un peu moins de 50 milliards d'euros et celles de la candidate à 50-55 milliards, sachant que certaines propositions n'ont pas encore été chiffrées", rapporte Libération.

Pour d'autres analystes auxquels se réfère La Tribune (page 28), notamment ceux de la Bank of America, les deux candidats sont renvoyés dos à dos, puisque le coût des mesures annoncées des deux côtés est estimé à 35 milliards. Avec une différence, précise La Tribune : "Pour la candidate PS, ce montant provient d'un accroissement des dépenses alors que Nicolas Sarkozy privilégie les réductions d'impôts."

Selon Le Figaro (page 8), toutes ces estimations sont "bien loin des chiffrages officiels des deux partis, l'UMP estimant à 27 milliards le coût de son programme alors que le PS dit disposer d'une marge de manœuvre de 35 milliards pour financer le sien".

Il est vrai qu'il est difficile de comparer des mesures aux intentions parfois disparates. Côté santé par exemple, Nicolas Sarkozy "souhaite améliorer le remboursement des soins dentaires et optiques", rappelle La Tribune. Le coût estimé d'une telle mesure s'élève à 1,5 milliard. Ségolène Royal, pour sa part, projette de mettre en place une carte santé jeune permettant aux 16-25 ans de consulter gratuitement chaque semestre. Selon les experts de l'Institut de l'entreprise, un tel dispositif devrait coûter 70 millions d'euros.

D'autres stratégies sont proposées par les candidats en matière de solidarité, indique La Croix. La candidate de la gauche antilibérale, Marie-George Buffet, propose "la création d'un pôle public et citoyen du médicament". Cela revient, traduit ce journal, à "nationaliser le secteur de l'industrie pharmaceutique qui se trouve trop concentré en de grands groupes".

De son côté, Olivier Besancenot, au nom de la LCR, réclame "une nationalisation complète" du secteur de la santé et un remboursement intégral des prestations de santé. Enfin, Jean-Marie Le Pen (Front national) veut "simplifier" la gestion de l'assurance maladie en fusionnant les trois principaux régimes (salariés, agriculteurs, indépendants) et les 1.100 régimes particuliers.