Questions sur l’automédication

Dans la foulée du colloque sur l'automédication, organisé hier par la Mutualité française, son président, Jean-Pierre Davant, a participé hier soir à l'émission Le Téléphone sonne, sur France Inter. "Il faut aborder l'automédication de façon sereine. La question est d'améliorer l'accès aux médicaments pour des problèmes de santé bénins de la vie quotidienne", a indiqué Jean-Pierre Davant. "L'automédication existe, il vaut mieux l'organiser que la subir", a estimé Alain Coulomb, co-rédacteur d'un rapport sur ce thème. Pour lui, les économies réalisées par cette pratique permettront de mieux rembourser les nouvelles thérapies très coûteuses contre des maladies graves.

Lors de cette émission, Jean-Pierre Lousson, ancien président de l'Académie de médecine, a rappelé que "le médicament n'est pas un produit comme les autres. L'automédication doit être accompagnée par l'intervention d'un professionnel de santé". Sur ce sujet, comme l'a souligné Jean-Pierre Davant, "dans le monde entier, les médicaments sont en vente libre, mais il y a toujours des pharmaciens pour conseiller les patients". Suite à l'intervention d'un auditeur qui pointait du doigt les fortes augmentations de prix sur certains produits en automédication, le président de la Mutualité française a reconnu que la "question des prix et du remboursement des médicaments pose un problème réel".

Jean-Pierre Davant est également intervenu lors du 19/20, le journal de France 3. Cette chaîne a consacré un dossier sur l'automédication, rappelant le sondage effectué par la Mutualité française à l'occasion du colloque. De cette enquête, La Tribune (page 3) ne retient que les trois quarts des Français ne sont pas prêts à acheter leurs médicaments ailleurs qu'en pharmacie. De son côté, La Nouvelle République des Pyrénées note que "la pratique de l'automédication s'installe progressivement dans les esprits". Pour preuve : près de 7 assurés sur 10 portent un jugement positif sur cette pratique et sont disposés à se soigner directement sans passer par leur médecin.

Autres enseignements de ce sondage : près de la moitié des personnes interrogées considèrent qu'il s'agit d'une "façon de faire normale". Cette appréciation est plus marquée chez les 25-50 ans, les cadres et les professions intermédiaires. En revanche, "les plus de 65 ans et les personnes disposant des revenus les plus modestes ont un jugement réservé", ajoute l'enquête.

Les dépenses d'assurance maladie en hausse
Les dépenses maladie du régime général ont augmenté de 3,1%, dont 4% pour les soins de ville, au cours des douze derniers mois, et de 5,6% par rapport à février 2006, indique le quotidien Les Echos (page 3). La Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) met en avant "l'impact du contexte épidémique hivernal", pour expliquer ces mauvais résultats. Les honoraires des généralistes sont en hausse de 9,8%, les arrêts maladie de 4,2%, les médicaments de 3,3%.

Si ces chiffres sont "un peu moins élevés" qu'en janvier, ils restent très supérieurs aux objectifs pour 2007, soulignent Les Echos. Au vu de la dégradation de la situation, le comité d'alerte, qui doit se réunir fin mars ou début avril, prendra des décisions, estime La Tribune (page 29). "Si alerte il y a, les caisses et le gouvernement pourraient être amenés à prendre des mesures de déremboursement ou à renforcer la maîtrise médicalisée", indique le quotidien économique.