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Quatre franchises ?

"Mais où est passée la franchise défendue jusqu'à présent par Nicolas Sarkozy ?", interrogeait Le Quotidien du médecin d'hier (page 4), soulignant que cette proposition ne figure pas dans la dernière version du projet du candidat de l'UMP. En fait, il y aurait quatre franchises annuelles, a précisé hier Nicolas Sarkozy, sans en préciser leur montant. Elles se substitueraient aux forfaits actuels (1 euro par consultation, 18 euros sur les actes lourds), précisent Les Echos (page 2). A l'exception du forfait hospitalier, car pour ce candidat il ne s'agit pas d'une franchise, souligne La Tribune (page 29).

Ainsi, les assurés ne seraient pas remboursés sur "les premiers euros" dépensés en matière de consultation, de médicaments, d'examens biologiques et de frais hospitaliers. Le montant de ces franchises serait à géométrie variable. "On fera chaque année un débat devant le Parlement. Si l'assurance maladie est équilibrée, on baissera la franchise ; si l'assurance maladie n'est pas équilibrée, on augmentera la franchise", a précisé Nicolas Sarkozy.

Ces quatre franchises doivent alimenter un "compte annuel" pour chaque famille ou pour chaque assuré, cette dernière option ayant la préférence du candidat de l'UMP, souligne La Tribune. Pour Nicolas Sarkozy, ces forfaits ne doivent pas être remboursés par les mutuelles. Mais sur cette question, comme sur celles des exonérations, il renvoie à la négociation avec les partenaires sociaux, "tout de suite, dès l'été", note Le Figaro (page 9).

Pour Claude Pigement, responsable de la santé au PS, "Nicolas Sarkozy persiste et signe dans l'erreur et l'injustice sociale, en proposant qui plus est, une véritable usine à gaz". Plusieurs représentants du monde de la santé et des associations d'usagers, parmi lesquels l'ancien directeur des hôpitaux, Jean de Kervasdoué, l'économiste de la santé, Catherine Mills, et l'écrivain et médecin, Martin Winckler, ont lancé vendredi une pétition contre l'instauration de ces franchises. Les 2.000 signataires jugent ce dispositif "injuste, économiquement inefficace et dangereux pour la santé publique". "C'est la fin d'un système d'assurance maladie solidaire dans lequel chacun cotise selon son revenu et qui protège équitablement les individus en bonne santé et les malades", dénoncent-ils.

A lire aussi – Débat sur l'automédication


Dans sa rubrique Forum, La Tribune (page 38) relance le débat initié par la Mutualité française sur l'automédication. En toile de fond de celui-ci, ce quotidien rappelle les principaux résultats d'un sondage CSA-Cecop réalisé le 21 mars pour la Mutualité française. Il montrait, entre autres, que 7 Français sur 10 sont favorables à l'automédication.

Pour Claude Le Pen, économiste de la santé, l'automédication est "un mouvement inéluctable et universel, qui vise à répondre à une demande des patients pour un accès rapide à des traitements concernant des pathologies pour lesquels ils disposent d'une “expertise profane“". En revanche, Michel Chassang, président de la CSMF, estime qu'il "n'y a pas de médicaments inoffensifs". Pour lui, "c'est une erreur de vouloir faire des économies sur les consultations médicales, car ce sont des économies de bouts de chandelles et de court terme".