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Quatre fois plus de maisons de santé en deux ans

Le nombre de maisons de santé (MDS), qui regroupent médecins, infirmières et kinésithérapeutes, a quadruplé en France depuis deux ans. "Nous assistons à un changement de l'exercice de la médecine de ville, comme rarement cela a été le cas ces cinquante dernières années", constate Libération (pages 12 et 13), qui consacre un dossier à ces structures collectives créées par des professionnels de santé libéraux. A peine quelques dizaines il y a quinze ans, 174 en 2012, les MDS atteignent aujourd'hui le nombre de 640 et dépasseront le millier en 2015.

"Ce changement est une des plus belles réussites, confie, à Libération, un responsable du ministère de la Santé. Le monde de la médecine générale que l'on croyait nostalgique, en perdition, incapable de se réformer, enfermé dans les images du passé, est en train de changer profondément. "Le généraliste ne veut plus être seul, constate un enseignant de l'Ecole des Hautes études en santé publique. Mais les patients aussi ont changé."

"Au début, il y a eu beaucoup de regroupements qui n'étaient justifiés que pour des raisons immobilières", observe un responsable du ministère de la Santé. Mais actuellement, d'autres raisons expliquent cet engouement. "Les jeunes sont aujourd'hui attirés par l'exercice collectif. Du coup, cela pousse les médecins qui veulent s'installer à s'organiser", souligne, dans Libération (page 13), Rémy Bataillon, adjoint au directeur de l'amélioration de la qualité et de la sécurité des soins de la Haute Autorité de santé (HAS).

Le discours positif en faveur de ce nouveau mode d'exercice de la médecine a influencé les structures classiques. "Plusieurs acteurs comme les syndicats, les Ordres, les unions régionales des professions de santé (URPS), d'ordinaire plutôt rétifs aux changements, se mettent à adhérer à cette perspective", note Rémy Bataillon.

Quelles conditions sont nécessaires pour assurer le développement des maisons de santé ? "Des conditions de financement, en partie : cela ne veut pas dire qu'il faille remettre en cause le paiement à l'acte, estime Rémy Bataillon. Mais, à côté, on peut favoriser des paiements collectifs, pour des actions de prévention ou de dépistage. Mais ces autres financements doivent être versés collectivement, à l'équipe de la maison de santé, et non pas ciblés sur tel ou tel professionnel."

Dans Libération, le journaliste Eric Favereau a effectué un reportage à la maison de santé de Pont-d'Ain (Ain), qui vient d'ouvrir ses portes. "Ce que j'aime, c'est la qualité d'exercice, des beaux locaux, de la place, une équipe…, té­moigne le Dr Roman Faure. On travaille quatre jours, on a une qualité de vie réelle." Fi­nancièrement, cela marche aussi : les médecins gagnent de 6.000 à 7.000 euros nets mensuels. Seul point noir : les infirmières. Elles ont souvent choisi l'exercice libéral pour ne pas être sous la coupe des médecins et peuvent craindre de perdre leur indépendance dans les maisons de santé, note Libération.

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Le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, a annoncé dimanche sur M 6 que les dentistes allaient devoir inscrire le prix de revient des prothèses dentaires dans leurs devis. La mesure serait incluse dans la loi de santé lors de son passage à l'Assemblée, au printemps, précisent Les Echos (page 5). En montrant les marges réalisées par les dentistes sur les appareils, le ministre de l'Economie es­père faire baisser les tarifs pour les patients.

Le précédent gouvernement avait voulu faire de même, mais le projet de loi avait été amendé. Résultat : depuis le 1er novembre, les dentistes doivent inscrire "non pas le coût de revient, mais le prix d'achat (pour le patient), marge incluse", indique le quotidien économique.

Pour Jacques Le Voyer, président du syndicat professionnel UJCD, cette me­sure est suffisante. "Les soins conservatoires (caries, etc.) ne sont pas rentables. Au lieu de se focaliser sur les prothèses, il faudrait revaloriser la prévention, car le système sponsorise l'échec thérapeutique", affirme-t-il.

Certains prothésistes estiment que la proposition d'Emmanuel Macron ne fera pas baisser les prix. "Il faut mettre fin au monopole des chirurgiens-dentistes, pour que le patient choisisse librement son prothésiste", propose Nicolas Rey, du syndicat de prothésistes SFFDMM. Son syndicat réclame une facture séparée pour l'acte chirurgical et pour la prothèse elle-même.

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)