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Prudence avec les résultats des examens biologiques

Pour l'Académie nationale de pharmacie et la Société française de biologie clinique, l'interprétation des résultats d'analyses biologiques doit être faite en fonction du niveau de risque des patients.

La mise en garde émane de l'Académie nationale de pharmacie et de la Société française de biologie clinique. Dans un communiqué commun, diffusé le 31 mai 2018, les deux instances appellent à une interprétation prudente des résultats de biologie médicale.

Une lecture trop rapide de certains examens sanguins peut en effet conduire un médecin à prendre des décisions cliniques dommageables pour le patient. Exemple avec le cholestérol, dont le bilan d'analyse distingue les taux du "mauvais" (LDL), du "bon" (HDL) cholestérol. Si les résultats du LDL sont plus élevés que la norme, souligne Le Figaro, le recours aux médicaments ne devrait pas être systématique.

En effet, explique le Pr Rémy Couderc, chef du service de biochimie à l'hôpital Trousseau, "l'interprétation doit être faite en fonction du niveau de risque des patients". Le médecin doit donc tenir compte du profil de son patient avant de lui prescrire un traitement.

Ainsi, une femme de 50 ans dont le LDL est trop haut (et en dessous de 1,9 g/l) ne devrait pas être inquiétée si elle est en bonne santé, n'est ni obèse ni fumeuse et ne présente pas d'hypertension.

Au contraire, face à un homme cumulant tous ces facteurs de risque, "l'objectif visé sera plus strict, inférieur à 1,3 g/l, voire 1 g/l, selon le résultat des tables de risque", précise le quotidien. Certains laboratoires prennent en compte tous ces paramètres lorsqu'ils livrent les résultats de leurs analyses.

La question de la standardisation des analyses est ainsi soulevée, car tous les laboratoires ne sont pas calés sur un même procédé technique. C'est le cas pour la sérologie de la rubéole : "Chaque année en France il y a environ 40.000 femmes enceintes qui ne sont pas immunisées, explique la Pre Liliane Grangeot-Keros, pharmacien et biologiste, membre de l'Académie nationale de médecine, mais les résultats donnés en unités internationales ne sont pas pour autant standardisés et, selon la technique utilisée, peuvent varier du simple au décuple! Il est impératif que des sérologies répétées soient faites dans le même laboratoire et avec la même technique." Car, la rubéole ayant des conséquences gravissimes sur le développement de l'enfant, c'est la question de la poursuite de la grossesse qui est alors en jeu.

Les deux instances mettent également en garde contre la répétition "inutile, voire non souhaitable" de certains examens, tels que les prises de sang classiques, les bilans de santé ou encore les biopsies de prostate pour les hommes de plus de 85 ans.  Un autre problème, plus "fondamental", a enfin été pointé récemment par des chercheurs américains, conclut Le Figaro : celui de la définition d'"une population « en bonne santé » pour estimer les variations normales à travers les différentes strates de la population". Reste que cette norme est une des plus difficiles à établir.

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Frédéric Lavignette

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