Prothèses mammaires : nouveaux cas de cancer

Bien qu'encore peu répandus en France, les cas de lymphome anaplasique à grandes cellules (LAGC-AIM) commencent à préoccuper les autorités de santé. Pour preuve, explique Le Parisien/Aujourd'hui (pages 2 et 3), les experts de l'Institut national du cancer (Inca) ont demandé à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) de répertorier cette nouvelle maladie, dont le déclenchement serait associé aux prothèses mammaires.

Dans un avis rendu le 4 mars, les experts de l'Inca sont formels : "Il existe clairement un lien entre la survenue de cette pathologie et le port d'un implant." Selon ces spécialistes, ce cancer se déclare entre onze et quinze ans en moyenne après la pose du premier implant. Ils encouragent donc les médecins à "rechercher ce diagnostic au moindre épanchement suspect près d'une prothèse".

Pour l'heure, 18 cas de LAGC-AIM ont été recensés chez nous. A priori, rapporte le quotidien, "le contenu de la prothèse lui-même n'est pas en cause, la maladie semblant induite par une inflammation qui se produit à la surface de l'implant". Elle pourrait être due au revêtement de l'implant, qui dans 80 % des cas constatés, était un "revêtement texturé".

Autre constat : sur les 18 cas de lymphomes, 14 ont impliqué Allergan, un fabricant américain qui représente un tiers du marché de la prothèse. Les inspecteurs de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) sont entrés en contact avec cet industriel, "pour comprendre ce qui se passait, sans que des réponses satisfaisantes soient apportées pour l'instant", rapporte Le Parisien/Aujourd'hui.

Pour François Hébert, directeur général adjoint de cette agence, le nombre de cas déclarés augmente d'année en année : "Il y a eu un premier cas en 2011, deux en 2012, quatre en 2013 et onze en 2014." Une personne est même décédée, ajoute-t-il. Aussi, prévient-il, une grande réunion d'experts doit se tenir dans dix jours au sujet de ces prothèses "pour savoir s'il faut aller plus loin dans la réglementation. Mais s'il faut prendre des mesures, si on doit les interdire, nous le ferons".

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"Trois millions de personnes ont un cancer en France ou en ont guéri. Elles ont des droits et veulent être pleinement considérées et reconnues", avait déclaré François Hollande en présentant le troisième Plan cancer (2014-2019). Un an plus tard, le "droit à l'oubli", l'une des mesures de ce plan, doit faire l'objet d'un amendement au projet de loi santé dont l'examen débute aujourd'hui en commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale.

Le droit à l'oubli, rappelle Le Figaro (page 9), "doit permettre aux anciens malades qui contractent un prêt immobilier ou un crédit à la consommation de ne plus mentionner dans leurs antécédents médicaux le cancer dont ils ont souffert". Depuis plusieurs mois, sans être encore parvenus à trouver un accord conventionnel, assureurs, associations, médecins et gouvernement ont commencé à plancher sur la question.

Les assureurs, indique le quotidien, ont fait des avancées. Désormais ils défendent "un droit à l'oubli pour les cancers des enfants ainsi que pour les cancers des adultes, selon leurs typologies, et à partir d'un nombre d'années – encore en discussion – après la date de la fin du protocole thérapeutique. Les compagnies acceptent encore de considérer à l'avenir un droit à l'oubli pour les autres pathologies, en fonction des progrès scientifiques".

Frédéric Lavignette

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