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Protestations contre une réforme des monopoles

Les préconisations de réformes émises par l'Inspection générale des Finances (IGF) passent mal auprès de certaines professions réglementées. En particulier chez les notaires et les huissiers, considérés, au même titre que les chirurgiens-dentistes ou les pharmaciens, comme détenteurs de monopoles.

Le contenu de ce rapport éventé hier par Les Echos rejoint les intentions du ministre du Redressement productif, ob­serve Le Figaro (pages 22 et 23). Dans son discours de jeudi dernier, Arnaud Montebourg a en effet choisi de déclarer la guerre à la "rente", "un vilain terme dans l'imaginaire français qui désigne les revenus d'un bien, et non d'un travail", écrit le quotidien.

Puisque le ministre promet de "rendre 6 milliards d'euros de pouvoir d'achat aux Français par la réforme des monopoles et des professions réglementées", il peut désormais s'appuyer sur les chiffres avancés par ce rapport pour mieux en faire accepter l'idée. La suppression des numerus clausus dans plusieurs disciplines ou encore la révision de certaines rémunérations et tarifs de consultation sont quelques-uns des moyens avancés par l'IGF. Cependant, ajoute le journal, si le gouvernement suit cette voie-là, il "s'engage délibérément dans une démarche qui antagonise".

"Les professions réglementées sont les professions dont l'accès et l'exercice sont régis par des textes légaux", explique Laurent Bigorgne, directeur de l'institut Montaigne, dans La Croix (page 4). Selon lui, la France en compte 218 dans les do­maines juridique, médical et des services et, plus généralement, les domaines de l'expertise. Or, la "tempête en vue" concerne 37 d'entre elles, souligne Le Parisien/Aujourd'hui (page 8).

En tant que président de l'Union nationale des professions libérales (Unapl), Michel Chassang, considère dans Les Echos (page 3) que la réforme annoncée n'est rien d'autre qu'"une manœuvre de diversion évidente du gouvernement pour masquer son échec sur la baisse du chômage et la reprise de la croissance". "Pour redonner du pouvoir d'achat il faudrait avant tout baisser la fiscalité des ménages, les charges sociales ou encore les taxes sur le logement", avance-t-il.

Du côté des pharmaciens, poursuit Le Figaro, la réaction est vive. "Une officine ferme en France tous les trois jours, et bientôt tous les deux jours", indique Isabelle Adenot, présidente de l'Ordre des pharmaciens. Et d'ajouter : "Où est la rente ? Si elle existait réellement, on ne constaterait pas que plus d'un jeune di­plômé sur quatre en pharmacie choisit finalement une autre voie."

 

13 régions au lieu de 14

Les frontières des régions viennent en­core d'être modifiées. Sur le papier tout au moins. En réunion de groupe, les députés ont en effet proposé hier soir une nouvelle version de la carte territoriale que souhaite réformer le chef de l'Etat. Il faut dire, observe Le Parisien/Aujourd'hui (page 4), que le gouvernement, "conscient d'avoir déclenché une machine à prendre des claques, ce dont il a eu un aperçu au Sénat où son texte n'a pas trouvé de majorité début juillet", cherche à calmer le jeu.

"La nouvelle carte proposée par Sébastien Denaja, note Le Figaro (page 4), un proche de Ségolène Royal, comprendrait 13 régions au lieu de 14 dans le projet du gouvernement. Elle a recueilli 72 voix pour, contre 21 suffrages en faveur de la carte adoptée en commission des lois à l'initiative du rapporteur."

Plus consensuelle, cette nouvelle répartition propose donc de fusionner les régions Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes. De leur côté, la Picardie et le Nord-Pas-de-Calais se rapprocheraient. La Champagne-Ardenne, elle, s'unirait avec l'Alsace et la Lorraine. La Bretagne et les Pays-de-la-Loire resteraient donc seuls, au même titre que le Centre.

Selon le groupe PS à l'Assemblée, le Centre est d'ailleurs le point qui "peut faire problème", rapportent Les Echos (page 2). Le projet de loi et ses 490 amendements doivent être débattus à compter d'aujourd'hui dans l'hémicycle, avant de revenir en seconde lecture au Sénat, à la mi-septembre.

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)