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Protection sociale, santé : les visions de Hamon et Valls

Dimanche 29 janvier 2017, le second tour de la primaire de la gauche devra départager Benoît Hamon et Manuel Valls afin de désigner le représentant du Parti socialiste à l'élection présidentielle. Les électeurs auront à faire un choix entre deux approches politiques, deux regards sur le social.

Deux tendances de gauche vont s'affronter la semaine prochaine en vue de désigner le représentant socialiste à la prochaine élection présidentielle. Au premier tour de la Primaire socialiste qui s'est tenu le 22 janvier 2017, Benoît Hamon a en effet recueilli 36,35% des voix et Manuel Valls 31,11%. Deux figures divergentes de la gauche, notent ce matin les quotidiens.

"Sur le fond, expliquent par exemple Les Echos, le Valls de la primaire de 2017 n'a plus grand-chose à voir avec le Valls de celle de 2011." Entre temps, il est vrai, Manuel Valls est devenu Premier ministre d'où son exercice d'"équilibriste" visant à défendre son bilan tout en inventant un nouveau programme séduisant les électeurs. Son ambition, note Libération, est surtout de battre la droite, "alors que Benoît Hamon souhaite reconstruire la gauche".

En matière sociale, "Valls propose de poursuivre le chemin commencé. Parfois en allant un peu plus loin, comme avec son idée de « revenu décent » ouvert aux titulaires du RSA et aux jeunes. Avec la promotion du revenu universel, Benoît Hamon propose, lui, un programme de rupture. Il veut préparer la société à la raréfaction du travail et à l'impératif écologique qui obligera à repenser notre modèle de croissance".

Côté santé, les positions de l'un et l'autre diffèrent aussi. Sur la question des déserts médicaux, rappelle Le Monde, Manuel Valls a annoncé qu'il n'y a "pas d'autres choix que de limiter la liberté d'installation des médecins".

De son côté, Benoît Hamon propose, sans s'opposer à cette liberté, de retirer "le conventionnement aux médecins qui s'installent en zone surdotée". Il veut par exemple encourager "le développement de maisons de santé pluridisciplinaires rassemblant des médecins libéraux, appuyés par une société de services pour les fonctions supports".

Pour ce qui est du financement du système de santé, ajoute Le Figaro, Hamon projette de "mieux répartir les 8 milliards d'euros d'aides publiques actuelles (Ani et avantages Madelin) en les faisant aussi bénéficier aux fonctionnaires, aux retraités, aux étudiants et aux chômeurs de longue durée". Pour sa part, Manuel Valls, envisage d'"améliorer l'accès aux soins en remboursant à 100%, c'est-à-dire sans ticket modérateur, un ensemble de soins de ville".

Sur le fond, l'un et l'autre n'envisagent pas une refonte profonde du fonctionnement de la couverture maladie, thème d'actualité depuis que le représentant de la droite, François Fillon, a, le premier, abordé le sujet. A la suite, en effet, certains, et pas seulement les hommes politiques, ont pris le contre-pied de sa proposition et réclamé la mise en place d'une "assurance maladie universelle".

C'est ce que qu'évoque Libération de samedi 21 janvier 2017, dans le débat organisé entre l'ancien président de la Mutualité Française, Etienne Caniard, et Didier Tabuteau, qui dirige la chaire santé de Sciences-Po et prône la disparition de la couverture privée pour une seule assurance maladie intégrale.

Une idée que rejette, dans une tribune publiée ce matin sur le site du Monde, l'actuel président de la Mutualité Française. Pour Thierry Beaudet, en effet, "une assurance maladie intégrale serait de nature, dans les conditions actuelles, à fragiliser l'ensemble de l'édifice auquel les Français sont indéfectiblement attachés, à juste titre".

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)