Prise en charge du trouble du déficit de l’attention : la HAS fait ses recommandations

La Haute Autorité de santé (HAS) rend aujourd'hui publiques ses recommandations sur la prise en charge du "trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité" (TDAH). A défaut d'être une maladie, indique Libération (pages 14 et 15), ce "conglomérat de trois symptômes" particulièrement décelé chez les enfants gagne une "une existence formelle" avec les travaux de la HAS.

Le premier des symptômes, indique La Croix (page 9), est "le déficit de l'attention", à savoir l'impossibilité pour l'enfant de se concentrer pour terminer une tâche. Le deuxième renvoie à "l'hyperactivité motrice", qui fait que l'enfant présente une agitation incessante ou a du mal à rester en place lorsque les circonstances l'exigent.

Le dernier symptôme est l'impulsivité, celle qui se manifeste par de l'impatience, un irrépressible besoin d'agir et une tendance à interrompre les activités des autres.

Pour autant, observent les spécialistes, le diagnostic est difficile. Selon Christine Gétin, présidente de l'association TDAH France, "un enfant qui bouge tout le temps ne sera pas forcément concerné". C'est seulement lorsque les trois symptômes sont réunis qu'il peut être question de TDHA. Et encore, il faut qu'ils aient "un sévère retentissement sur la vie quotidienne de l'enfant, qu'ils soient une source de souffrance ou de handicap. Et qu'ils aient une durée au moins supérieure à six mois", précise le docteur Cédric Grouchka, membre du collège de la HAS.

Ce trouble, qui touche entre 3,5% et 5,6% des enfants en âge scolaire, est encore d'origine inconnue, poursuit Le Parisien/Aujourd'hui (page 11), même si l'hypothèse génétique est la plus souvent retenue. "Aucun marqueur biologique ni examen d'imagerie" ne permet de détecter le TDHA, explique le pédopsychiatre Jean Chambry, chargé de projet dans le groupe de travail qui a rédigé la recommandation de la HAS. En l'absence de "cause biologique" ou d'anomalie affirmée, le trouble se repère seulement par l'association des trois symptômes.

Du coup, pour ce qui est des traitements, écrit Le Parisien/Aujourd'hui, il n'est "pas question de verser dans la surmédication". Il existe bien la Ritaline® (méthylphénidate), note Libération, un "médicament de la classe des amphétamines qui, pour des raisons non expliquées, semble calmer les enfants". Mais celui-ci, complète Le Parisien/Aujour­d'hui, "ne doit être prescrit qu'en deuxième intention, quand l'orthophonie et la psychomotricité ne suffisent pas".

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Le ministère de la Santé a annoncé, hier, la mise en place de la dispense d'avance de frais pour l'acquisition d'aides et d'équipements techniques par les personnes en situation de handicap. Cette disposition, écrivent Les Echos (page 2), est inscrite dans la loi santé qui sera finalement examinée à l'Assemblée nationale à la mi-mars, et non pas ce mois-ci.

Cette annonce intervient alors que la loi sur le handicap fête ses 10 ans. Un texte "salué à l'époque par les associations car traçant de belles perspectives en faveur de l'accessibilité des lieux publics (mairies, administrations…), transports, commerces, restaurants…", rappelle Libération (page 16). Aujourd'hui, observe le quotidien, ces objectifs n'ont pas été atteints.

D'autres mesures, ajoutent Les Echos, doivent également être adoptées, notamment la durée d'attribution de l'allocation adulte handicapé (AAH) qui doit passer de deux à cinq ans en cas d'invalidité comprise entre 50% et 80%. Pour ce qui est des cartes de stationnement et de priorité, elles seront fusionnées et, à la rentrée, cent unités d'enseignement en milieu scolaire ordinaire seront ouvertes.

Frédéric Lavignette

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