Primaire : les candidats de la droite proposent la suppression du tiers payant généralisé

Le Figaro passe en revue les programmes santé des candidats à la primaire de la droite et du centre, ainsi que leurs propositions pour réduire le déficit de l'assurance maladie.

A cinq jours du premier tour de la primaire de la droite et du centre, Le Figaro survole, ce mardi 15 novembre 2016, le programme santé des sept candidats.

A l'unanimité, indique le quotidien, tous proposent la suppression du tiers payant généralisé obligatoire, qui était la mesure phare de la loi Santé votée en décembre 2015. Ralliant la position des médecins, les différents candidats estiment que ce dispositif est une "source de lourdeur administrative" pour la profession et de "déresponsabilisation pour les patients". De surcroît, sa mise en place, estiment-ils, n'améliorerait pas le système, "puisque les patients modestes bénéficient déjà, avec la CMU-C, du tiers payant".

En revanche, ajoute Le Figaro, tous s'accordent pour "réhabiliter la médecine libérale" et faire du praticien de proximité l'acteur central du parcours de soins. En ce sens, chacun propose sa solution pour revaloriser les rémunérations des médecins. A titre d'exemple, Nicolas Sarkozy suggère de créer des forfaits pour la charge des malades chroniques, ou des rémunérations assujetties à des objectifs de santé publique.

De son côté, François Fillon veut favoriser les installations dans les déserts médicaux. Alain Juppé, quant à lui, prône une révision de la nomenclature médicale "jugeant que certains actes sont favorisés par rapport à d'autres qui n'ont pas évolué". Bruno Le Maire propose l'instauration d'une franchise de 15 euros en cas de non-présentation à un rendez-vous médical.

Tous sont également favorables pour "renforcer la coordination des soins entre la médecine de ville et l'hôpital, développer l'hospitalisation à domicile et les soins ambulatoires, proposer aux médecins libéraux des parcours mixtes public/privé". Dans cette perspective, Nathalie Kosciusko-Morizet veut adapter le système de soins "au nouveau monde", écrit le quotidien, et François Fillon prévoit la création de structures de petites urgences afin de soulager l'activité hospitalière.

L'hôpital public, justement, est appelé à être modernisé par tous les candidats. Plus autonomes, les établissements choisiront leurs médecins, leur temps de travail et leurs tarifs mais, en contrepartie, ils devront s'engager sur leur équilibre financier. A l'initiative de Nicolas Sarkozy, François Fillon et Alain Juppé, il en sera également fini avec les 35 heures à l'hôpital. En échange les rémunérations seront revalorisées. Pour sa part, Jean-François Copé encourage l'idée d'un statut d'établissement privé d'intérêt collectif pour les établissements volontaires.

La plupart de ces mesures sont associées à une perspective de réduction du déficit de l'assurance maladie. Nicolas Sarkozy, écrit ainsi Le Figaro, "promet 5 milliards d'euros d'économies chaque année", en abaissant de 76% à 73% le taux de prise en charge par le régime obligatoire, "la différence étant dans la plupart des cas prise en charge par les mutuelles", indique le quotidien.

Pour sa part, François Fillon table sur "20 milliards d'économies en cinq ans sur les dépenses de santé, en focalisant les remboursements sur les affections graves ou longue durée, et l'assurance privée sur le reste". Enfin, Bruno Le Maire projette de réaliser 16 milliards d'euros d'économies par an en responsabilisant les patients et en taillant dans les effectifs du ministère de la Santé et des agences régionales de santé (ARS).

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Frédéric Lavignette

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