Pression sur les professions réglementées

Bien que non rendu public par le gouvernement, Les Echos (page 3) dévoilent un rapport de l'Inspection générale des finances (IGF) qui, selon les termes du quotidien, risque de "donner des sueurs froides à plusieurs professions". Trente-sept métiers sont concernés par ce document qui pourrait inspirer le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, en quête de 6 milliards d'euros de pouvoir d'achat à redistribuer aux ménages.

Parmi ces professions, au sujet desquelles l'IGF a relevé des situations de rentes particulières et des chiffres d'affaires des plus rentables, figurent aussi bien les huissiers, les formateurs de conduite automobile que les ambulanciers ou les pharmaciens.

En 2010, rapportent Les Echos, le chiffre d'affaires cumulé de ces trente-sept professions s'élevait à 235 milliards d'euros, pour 40,7 milliards d'euros de bénéfice et 1 million de salariés. Avant impôt, leur bénéfice net peut atteindre une moyenne de 19% de leurs chiffres d'affaires, "soit 2,4 fois la rentabilité constatée dans le reste de l'économie". Leur rentabilité ne fait donc aucun doute, et cette dernière s'en trouve même renforcée à mesure que la profession est réglementée. C'est notamment le cas des professions de santé dont l'accès aux études est contraint par le numerus clausus.

"Si on peut se féliciter des bons chiffres macroéconomiques de ces secteurs, écrit le quotidien économique, leur écart avec l'évolution du PIB pose question." Ainsi, sur la décennie 2000-2010, leur bénéfice a progressé de 46% (passant de 27,9 milliards d'euros selon le rapport à 40,7 milliards) et leur valeur ajoutée a crû de 53,7%, "là où le PIB augmentait, sur la même période, de 34,6%".
Autres observations : ces métiers sont en situation de monopole, car aucune concurrence étrangère ne vient les perturber mais cela ne les empêche pas de recevoir des aides publiques. Sur les 20 milliards d'euros de crédit d'impôt compétitivité et emploi distribués, ils en ont, par exemple, perçu 1,7 milliard.

"Ces différents constats ont amené la mission de l'IGF à formuler plusieurs recommandations", notent Les Echos tout en indiquant que les dentistes et les pharmaciens risquent de ne pas y échapper. Puisque ces derniers délivrent des médicaments sur prescriptions, c'est-à-dire dont les prix sont encadrés, il leur a été autorisé de commercialiser d'autres produits plus rentables, à savoir la parapharmacie ou encore les médicaments disponibles sans prescription médicale.

Parmi ses recommandations, l'IGF propose de "payer pour partie les pharmaciens au forfait au titre des missions de service public et de conseil qu'ils peuvent effectuer auprès de leurs clients, notamment en milieu rural". Une idée qui avait déjà été proposée par l'Autorité de la concurrence. Autre initiative de l'IGF à l'égard des pharmaciens mais aussi des chirurgiens-dentistes, infirmiers et masseurs-kinésithérapeutes : la suppression du numerus clausus "au motif qu'un grand nombre d'entre eux, installés en France, sont désormais formés à l'étranger. C'est le cas de 45% des dentistes, par exemple".

Ces derniers pourraient également être "mis à l'amende", concluent Les Echos : "Si la consultation sans acte n'est pas soumise à rémunération, la pose de prothèse dentaire, en revanche, sert souvent à rééquilibrer le chiffre d'affaires de ces professionnels, mais de manière parfois disproportionnée. Le rapport propose donc de fixer des tarifs pour la partie conseil et consultation."

 

2015 : "l'heure des mesures pour la santé"

Pour le traditionnel discours du 14 juillet, le chef de l'Etat n'a pas fait preuve de nouveauté, estime Libération. Selon le quotidien (pages 2 et 3), François Hollande a "beaucoup répété ce qu'il avait déjà dit dans différents cénacles depuis quelques semaines". S'il a fait part de son intention de faire baisser les impôts des ménages modestes, il a principalement rappelé son attachement à la réduction des dépenses publiques ces trois prochaines années (– 50 milliards d'euros) et à celle du coût du travail par la baisse des impôts des entreprises (– 40 milliards d'euros).

Concernant des réformes sociales, analyse le journaliste Matthieu Ecoiffier, et particulièrement sur la santé et l'extrême vieillesse, il faudra attendre 2015. Au préalable, ce sera "l'heure des mesures en faveur de la santé", écrit le quotidien, avec la généralisation du tiers payant.

Frédéric Lavignette

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