Présidentielle : pourquoi la santé est peu abordée ?

Méconnaissance des dossiers, crainte de "prendre des coups" : autant de raisons qui font que les candidats à l'élection présidentielle abordent peu le thème de la santé.

La santé, grande oubliée de la campagne présidentielle ? C'est en tout cas l'avis des trois-quarts des Français, selon un sondage publié par la Fédération hospitalière de France (FHF). Dans cette enquête, 76% des personnes interrogées "estiment que la préservation du système de santé devrait être une priorité du futur président", indique La Croix.

Or, à ce jour, cette thématique n'occupe effectivement pas une place importante dans la campagne électorale, ce qui ne surprend pas Frédéric Pierru, sociologue au CNRS et à l'université de Lille. "Les responsables politiques maîtrisent souvent très mal ces dossiers parfois techniques. Et puis beaucoup préfèrent rester en retrait, jugeant qu'il n'y a que des coups à prendre dans un secteur où le poids des corporatismes et des lobbys est très fort", estime le sociologue dans La Croix. "Un candidat qui va promettre de remettre en cause la liberté d’installation des médecins va se mettre à dos toute la profession. Celui qui promet des déremboursements de médicament va fâcher les labos", ajoute-t-il.

Par ailleurs, si les candidats parlent peu de santé, c'est qu'ils craignent souvent un pouvoir de nuisance électoral de ces professionnels en contact quotidien avec une grande partie de la population, analyse le quotidien. Pour Frédéric Pierru, "ce pouvoir de nuisance est un mythe". Mais "la réalité est que les politiques continuent à y croire".

Pour sa part, le Collectif santé 2017 déplore l'absence de propositions des candidats. Créé fin octobre, ce rassemblement "réunit douze structures qui, d’ordinaire, passent plutôt leur temps à s’écharper", souligne La Croix. On y trouve pêle-mêle, des associations de patients (Ciss), des syndicats de médecins (CSMF, MG-France), les représentants des cliniques privées et des laboratoires pharmaceutiques, d'après Libération. Ce collectif dénonce l'attitude des pouvoirs publics, qui "laissent se creuser, faute d'actions d'envergure, des inégalités sociales de santé pourtant criantes".

A lire aussi dans la presse

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)