Présidentielle : le face-à-face

"Sarkozy et Royal survolent le premier tour" : les deux finalistes à l'élection présidentielle 2007 ont – chacun – établi un record, observe, magnanime, Le Figaro (pages 2 à 19). En effet, "jamais, depuis 1974, le score cumulé des deux candidats arrivés en tête n'avait été aussi élevé. Avec plus de 30% des voix, Nicolas Sarkozy fait le meilleur score d'un candidat au premier tour depuis François Mitterrand en 1988". Ségolène Royal, quant à elle, "fait mieux que l'addition des scores de Lionel Jospin, Jean-Pierre Chevènement et Christiane Taubira en 2002".

Outre le "retour de la bipolarisation", vos quotidiens saluent le taux de "participation record" de 84,6% des inscrits. C'est "un triomphe civique !", s'exclame Libération (pages 1 à 20). Non seulement la mobilisation et les bons scores réalisés par les deux partis de tête ont révélé l'"appétit politique" des Français, mais ils ont aussi permis de mettre en déroute le Front national.

Arrivé quatrième avec 10,51% des voix selon les dernières estimations, Jean-Marie Le Pen, "le chef de l'extrême droite, a été laminé par la concurrence de Sarkozy", note Le Parisien/Aujourd'hui (pages 1 à 14). Comme le signale aussi Le Figaro, Nicolas Sarkozy "n'a cessé, depuis plusieurs années, de se porter sur le propre terrain de son homologue du FN". De la sorte, "on peut raisonnablement penser que les voix perdues par Jean-Marie Le Pen par rapport au 21 avril 2002 se sont en grande partie portées sur Nicolas Sarkozy", suggère ce quotidien.

Loin du "séisme politique" de la précédente élection présidentielle, la situation est désormais plus claire, note Laurent Joffrin dans Libération : "Une droite franche affrontera au second tour une gauche qui doit faire le pari du renouveau." C'est ainsi que toute la presse envisage en "une" le second tour entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy comme un "combat royal" (Libération), un "duel au sommet" (Le Figaro) ou bien encore un "affrontement entre deux camps mobilisés" (Les Echos).

"Une nouvelle campagne s'ouvre. Dans quinze jours, la France va choisir son destin et son visage", a annoncé Ségolène Royal. La candidate du Parti socialiste appelle à faire "avancer la France sans la brutaliser", répétant son refus de "cultiver les peurs". Une stratégie qui, pour Libération, vise à "transformer la campagne de second tour en un référendum anti-Sarkozy".

Pour sa part, le candidat de l'UMP propose aux électeurs un "nouveau rêve" et veut s'adresser en priorité à "la France exaspérée", aux "accidentés de la vie", répétant l'apostrophe de Jean-Paul II dont il a largement fait usage dans ses meetings : "N'ayez pas peur !" Pour Le Figaro, "la stratégie de rassemblement à droite du candidat UMP a payé" et "il n'a pas l'intention d'en changer".

De fait, avec 31,11% des voix pour Nicolas Sarkozy et 25,84% pour Ségolène Royal, chacun a profité du vote utile, indique La Croix (pages 1 à 8). "Les deux principaux candidats [ont fait] le plein des voix de leur camp et même parfois au-delà au détriment des petits candidats dont aucun ne dépasse les 5%", observe ce journal. Pour Les Echos (pages 2 à 5), ces derniers "réalisent des scores historiquement faibles avec un total inférieur à 15%".
Même François Bayrou, poursuit le quotidien économique, n'est "finalement pas parvenu à mettre en danger les deux grands". Arrivé troisième avec 18,55% des voix, le représentant de l'UDF s'est toutefois réjoui de son score, même s'il "n'a pas réussi à inverser le destin", comme le souligne Le Figaro.

Surnommé le "troisième homme" pendant la campagne, il a estimé hier soir que les sept millions de Français qui ont voté pour lui constituent maintenant une "force nouvelle". "Il y a enfin un centre en France, un centre large, un centre fort, un centre indépendant, capable de parler au-delà des frontières d'autrefois", a-t-il déclaré. Et ce sont justement les électeurs de ce centre qui devraient être, selon Le Parisien/Aujourd'hui, les "arbitres du second tour".

Pour le moment, aucune consigne de vote n'a été formulée de la part de l'UDF, mais dans l'avenir, soulignent Les Echos, "ses électeurs seront l'objet de toutes les convoitises". D'ailleurs, mentionne La Tribune (pages 2 à 5), Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy se sont déjà "lancés dans la course à la séduction de l'électorat centriste, ce qui leur interdit de faire une campagne trop libérale pour le premier, trop marquée à gauche pour la seconde".

Si le centre est fort déterminant pour le vote futur, il ne faudrait tout de même pas oublier la "kyrielle de troupes éparpillées dont le rôle est de servir de réservoir aux deux principaux candidats", nous rappelle, dans son éditorial des Echos, Françoise Fressoz. Avec 4,11% des voix, Olivier Besancenot se détache des "petits candidats", devant Philippe de Villiers (2,24%), Marie-George Buffet (1,94%), Dominique Voynet (1,57%), Arlette Laguiller (1,34%), José Bové (1,32%), Frédéric Nihous (1,15%) et, en queue de peloton, Gérard Schivardi (0,34%).

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La Mutualité française a organisé vendredi dernier, à Rouen (Seine-Maritime), une réunion interrégionale, animée par son secrétaire général Guy Herry. A cette occasion, Jean-Pierre Davant a accordé une interview au quotidien Paris-Normandie. Le président de la Mutualité française y expose les grandes lignes du parcours de santé mutualiste. Pour remédier à un système de santé "toujours opaque", il est nécessaire d'orienter les adhérents mutualistes vers une offre de soins "qui présente le maximum de critères de qualité et de sécurité", explique-t-il.

"Nous représentons 38 millions de Français et parmi eux nous trouvons beaucoup de personnes en situation de désespérance, indique Jean-Pierre Davant. Cela fait une décennie que nous tentons de faire ce type de propositions, mais avec peu de réussite. Cette fois, nous entendons jouer un rôle de régulation."

Dans les mois et années à venir, la Mutualité française entend concentrer ses efforts sur "les pathologies lourdes : cancers, maladies cardio-vasculaires, addictions et handicaps". L'objectif est de permettre aux adhérents d'avoir "les moyens de choisir les établissements du public ou du privé qui répondront le mieux à leur demande", notamment dans la prise en charge des cancers du sein, de la prostate et du côlon. L'objectif est ainsi de "réduire la possibilité de dépassements d'honoraires" tout en essayant de "tirer vers le haut les établissements qui ne sont pas aux normes"…