Présidentielle 2017 : ce qu’il faut retenir du débat télévisé

Au lendemain de la première confrontation télévisée avant le premier tour de l'élection présidentielle, la presse souligne l'irruption des questions de fond dans un débat resté discret sur les affaires.

Parce qu'ils sont "les mieux placés dans les sondages", seuls cinq des onze candidats ont participé hier soir, 20 mars 2017, sur le plateau de TF1, au premier des débats organisés avant le premier tour de la présidentielle, souligne Le Monde.

Ponctuant leurs interventions de quelques piques, François Fillon, Benoît Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon ont ainsi confronté, durant plus de trois heures, leurs positions sur les sujets de société (éducation, sécurité, laïcité, institutions et environnement), sur les questions internationales (Europe et place de la France dans le monde) ou encore sur les sujets économiques, tels que la protection sociale. En somme, "les questions de fond", résume La Croix.

Sur le terrain économique précisément, Les Echos relèvent une passe d'armes Fillon/Macron sur les 35 heures. Le premier souhaite les supprimer pour laisser "la liberté aux entreprises de négocier leur temps de travail par des accords majoritaires", tandis que le second les maintiendrait en permettant des accords d'entreprise ou de branche sur la durée du temps de travail.

Sur cette thématique, poursuit Le Parisien, Jean-Luc Mélenchon n'est pas resté indifférent. Il a rejeté "avec un ton de maître d'école" l'initiative d'Emmanuel Macron, en considérant qu'un "Code du travail par entreprise" est assimilable à "un Code de la route pour chaque rue".

Sur le terrain des retraites, "personne n'est d'accord", écrit Le Parisien. Jean-Luc Mélenchon plaide pour un retour à la retraite à 60 ans et aux 40 annuités. De leur côté, François Fillon et Emmanuel Macron se sont encore opposés, ajoutent Les Echos.

Partisan d'un recul de l'âge de départ à 65 ans, François Fillon a ainsi critiqué la réforme du candidat d'En marche, qu'il accuse d'entraîner une baisse des pensions. Le candidat Les Républicains a profité de cet échange pour affirmer que les différentes réformes qu'il a menées du temps où il était Premier ministre, notamment celle des retraites, permettent aujourd'hui "à Madame Touraine et au gouvernement de plastronner sur l'équilibre des comptes".

Trois heures trente n'auront pas suffi aux cinq adversaires pour aborder toutes les questions.

De fait, note Le Monde, "le débat ayant pris du retard, les candidats ont survolé les questions de Sécurité sociale et de santé", abordées en fin d'émission.

Le quotidien retient par exemple que "M. Hamon a défendu une politique de réduction des risques ; M. Mélenchon une Sécu « intégrale qui rembourse 100 % de toutes les dépenses de santé » ; M. Fillon veut « remettre les médecins généralistes au cœur du dispositif »".

Des arguments qui auraient mérité d'être plus développés. Car, au final, résume Le Figaro, ce fut "un débat de retour sur le fond, dépoussiéré des affaires, mais parfois trop dense donc un peu confus".

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Frédéric Lavignette

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