Présidentielle 2017 : le programme des candidats sur les retraites

Départ à 65 ans ou à 60 ans, évolution ou suppression du compte pénibilité  : les divergences des candidats à la présidentielle 2017 sont profondes sur les retraites.

Les Echos analysent les programmes des candidats en matière de retraite. Pour Benoît Hamon, il n'est pas question de repousser l'âge de départ en retraite. Il veut également augmenter de 10% le minimum vieillesse et "se concentrer sur les conditions de départ de ceux qui ont eu les métiers les plus pénibles". Le compte pénibilité serait ainsi "renforcé", en concertation avec les partenaires sociaux.

"Le candidat du PS avance surtout une idée originale : rendre possible le "don" de trimestres entre conjoints afin de permettre à l'un ou à l'autre dans le couple de partir plus tôt à la retraite à taux plein", relèvent Les Echos.

Aujourd'hui, il est seulement possible de racheter des trimestres à la Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav) et de partager, entre le père et la mère, les trimestres supplémentaires accordés à l'occasion de la naissance d'un enfant.

De son côté, Emmanuel Macron veut instaurer un système universel de retraite par points. "Quels que soient le statut, la profession, le secteur, un euro cotisé donnera les mêmes droits", promet le candidat d'En marche.

"Cette unification des règles de calcul conduirait de facto à la disparition des régimes spéciaux et à une plus grande lisibilité du système, estime le quotidien économique. Mais il ne s'agit pas d'une baguette magique qui résoudrait tous les maux du système actuel. D'autant plus que la réforme proposée reste encore floue – retraite en points simple ou associée avec des comptes notionnels ? – et ses effets lointains."

Le recul de l'âge légal de départ à 65 ans est au centre de la réforme de François Fillon. Il en attend 20 milliards d'économies. La montée en charge se ferait au même rythme que pour le passage de 60 à 62 ans, ce qui permettrait d'atteindre le seuil de 65 ans autour de 2025.

En revanche, l'âge du départ sans décote serait maintenu à 67 ans et le dispositif de départ pour carrières longues serait "étendu" pour permettre de partir à 63 ans.

Le candidat des Républicains veut aussi rapprocher les règles des régimes publics et privés et propose, pour supprimer les régimes spéciaux, que les nouveaux entrants soient affiliés au régime général. Il veut abroger le compte pénibilité, qu'il juge "inapplicable car trop complexe".

Pour sa part, Jean-Luc Mélenchon entend rétablir une des mesures phares de la mandature de François Mitterrand : la retraite à 60 ans à taux plein avec une durée de cotisation ramenée à 40 ans, notent Les Echos.

Le candidat de La France insoumise annonce également vouloir revaloriser les petites retraites et porter le minimum vieillesse au niveau du seuil de pauvreté. Pour financer ces mesures, il prévoit une taxe sur les "revenus financiers des entreprises" et une augmentation des recettes, obtenue par la relance économique.

60 ans et 40 annuités, c'est aussi la promesse de Marine Le Pen. En revanche la candidate du Front national compte revaloriser le minimum vieillesse, mais en le réservant aux Français ou aux résidents depuis vingt ans.

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John Sutton

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