Présidentielle 2017 : Macron et Le Pen incarnent un nouveau clivage

Vainqueurs du premier tour de l'élection présidentielle 2017, Emmanuel Macron et Marine Le Pen inaugurent une première dans l'histoire de la Ve République : aucun des grands partis traditionnels n'est représenté au second tour.

L'élection présidentielle 2017 restera dans l'histoire de la Ve République comme une "élection inédite", préfigurant "un bouleversement profond du paysage politique français", analyse Le Monde.

Pour la première fois, en effet, les deux candidats qualifiés, Emmanuel Macron (23,86% des voix) et Marine Le Pen (21,43%), n'appartiennent pas aux deux grands partis traditionnels. Ils ne sont pas issus, non plus, des primaires de la gauche et de la droite.

"Du jamais-vu !, s'exclame Le Parisien. Qui connaissait vraiment M. Macron il y a un an encore ?", interroge le quotidien, en rappelant toutefois son parcours de secrétaire général adjoint de l'Elysée, puis de ministre de l'Economie.

A 39 ans, le candidat d'En marche n'a eu de cesse, tout au long de sa campagne, de se dire "ni de droite ni de gauche", se réclamant d'un "centrisme parfait" (Le Parisien).

Son adversaire, Marine Le Pen, refuse également cette dichotomie, préférant se définir en opposition au "système", observe Guillaume Tabard dans Le Figaro. Il n'empêche que le projet du Front national (FN), "projet anti-libéral et de rupture avec l'Union européenne, est aux antipodes de celui d'Emmanuel Macron", souligne La Croix.

Comme en 2002, poursuit le quotidien, le FN "voit se constituer contre lui un front républicain rendant plus délicate une victoire au second tour". De fait, "la candidate d'extrême droite dispose d'une faible réserve de voix".

Dès hier soir, de nombreux perdants ont en effet appelé à lui faire barrage en votant Emmanuel Macron, qui, comme l'indique Libération en une, pourrait bien se trouver "à une marche" de l'investiture présidentielle.

Ainsi, résume ce quotidien, sous la plume de Laurent Joffrin, "la droite a perdu une élection imperdable : c'est de sa faute". Et de rappeler l'impact des affaires touchant François Fillon sur la défaite des Républicains, avec 19,94% des voix. Un score qui met "la droite K.O.", titre à ce propos Le Figaro. "Il faudra un jour (…) retracer l'enchaînement fatal des causes et des conséquences, qui, de la primaire aux affaires, auront frappé la droite et précipité cet immense gâchis", écrit Alexis Brézet dans son éditorial.

Quant à la gauche, si elle est "d'emblée éliminée" c'est aussi "de sa faute", martèle l'éditorialiste de Libération. "Elle a joué la division jusqu'au bout et ses électeurs les plus modérés l'ont abandonnée pour Macron". Résultat, Benoît Hamon récolte pour le Parti socialiste seulement 6,35% des voix.

Explosée, observe encore dans Le Figaro Guillaume Tabard, la gauche dite classique est désormais partagée entre le "progressisme" d'Emmanuel Macron et "la radicalité du troisième dynamiteur de ce scrutin, Jean-Luc Mélenchon".

Arrivé en quatrième place avec 19,62% des voix, le candidat de la France insoumise a réalisé une "performance historique" qui "fera date", commente L'Humanité. "Le voilà désormais dans une position centrale dans la recomposition à venir de la gauche", assurent Les Echos.

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Frédéric Lavignette

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