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Précarité : ouvrir les minima sociaux aux jeunes

Dans un rapport qu'il remet ce lundi 18 avril au Premier ministre, le député socialiste Christophe Sirugue propose de faire bénéficier les 18-25 ans des minima sociaux, à l'instar de leurs aînés.

La situation de cette population s'est dégradée depuis la crise financière de 2008. En effet, le taux de pauvreté de la tranche d'âge 18-29 ans était de 18,6% en 2013, contre 12,3% pour l'ensemble de la population. Dès lors, pour cet élu de Saône-et-Loire, il n'est "plus acceptable" de "priver la très grande majorité de cette catégorie d'âge de l'accès à notre dispositif universel de lutte contre la pauvreté" que symbolise le revenu de solidarité active (RSA).

Jusqu'ici, estime Christophe Siruge dans le document que se sont procurés Les Echos, seuls quelque 176.000 des 18-24 ans ont droit aux minima-sociaux, "à condition d'être parents, d'avoir travaillé au moins deux ans à temps plein, ou bien en tant que conjoints d'un plus de 25 ans qui y a droit". Le député voudrait voir disparaître ces restrictions, même si l'attribution du RSA continuerait d'être conditionnée.

Par exemple, les étudiants ne pourraient y avoir droit et seraient plutôt invités à réclamer une bourse d'étude. "Il faudrait aussi modifier la législation fiscale, explique le quotidien économique, afin que leurs parents n'aient pas le beurre du quotient familial et l'argent du beurre, un enfant autonome."

Le coût de cette mesure pourrait atteindre les 3,5 milliards d'euros, explique Christophe Sirugue dans un entretien accordé à Libération. Mais pas question pour lui de parler d'assistanat, ce "discours convenu de la droite". La preuve, résument Les Echos, "le taux d'emploi à 25 ans ne chute pas, alors que c'est l'âge d'ouverture du droit au revenu de solidarité active (RSA)."

Dans son rapport, le député avance par ailleurs trois pistes de rationalisation des minima sociaux. Le premier scénario, déclare-t-il à Libération, "est le maintien des dispositifs existants, corrigés dans leurs paramètres, en allongeant par exemple certaines durées selon les allocations".

Le deuxième scénario vise à "fusionner plusieurs dispositifs pour n'en garder que cinq" : un RSA conforté ; l'allocation de solidarité spécifique (ASS), qui "verrait son montant augmenté mais sa durée limitée à deux ans" ; l'allocation supplémentaire d’invalidité (ASI), laquelle serait regroupée avec celle pour les adultes handicapés (AAH). Enfin, "on ne toucherait ni à l'allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) ni à celle destinée aux demandeurs d'asile".

Enfin, le dernier scénario, celui qu'il privilégie, "propose de fusionner tous les minima sociaux dans une couverture-socle avec deux compléments. A titre d'exemple, une personne âgée de plus de 18 ans en situation de précarité bénéficierait d'une allocation de 400 euros, complétée selon le cas d'une allocation supplémentaire si elle est en situation de handicap ou en situation d'insertion professionnelle.

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)