Polémique sur la retraite

"Il faut relever progressivement l'âge légal de la retraite à 61 ans, puis à 62 ans, et allonger le nombre d'années de cotisations", affirme Laurence Parisot dans un entretien publié au journal Le Monde (page 9).

Intervenant également sur RTL, la présidente du Medef, qui tient actuellement son université d'été, a ensuite suggéré "un tableau de marche très progressif". Elle suggère un relèvement "à 61 ans peut-être en 2012, puis peut-être à 62 ans en 2020".

Des propos qui ont immédiatement suscité une levée de boucliers de la part des syndicats. François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, a prévenu qu'il n'était "pas prêt à discuter" d'une remise en cause du départ à la retraite à 60 ans, rapporte La Tribune (page 25).

De son côté, Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière, a rappelé que son organisation avait exigé en juin qu'on "arrête les compteurs" à 40 années de cotisation.

"Ce serait bien que les employeurs cessent de licencier leurs salariés dès qu'ils passent les 50 ans, avant de chercher à les faire travailler plus longtemps", ajoute-t-il, note Le Figaro-économie (page 18).

Pour sa part, Jean-Claude Le Duigou (CGT) trouve la présidente du Medef "gonflée". Pour lui, "le premier problème à résoudre, c'est le décalage entre l'âge de cessation d'activité et l'âge légal de la retraite".

Alors que vont s'ouvrir dans quelques mois les négociations sur le deuxième volet de la loi Fillon, le ministre du Travail, Xavier Bertrand, explique dans Le Figaro-économie (page 18) que "plutôt que de parler de 61 ou 62 ans, il faudrait que les Français partent réellement à 60 ans". "Ce n'est pas le cas, déplore-t-il, et le vrai enjeu du rendez-vous de 2008 est là : faire correspondre l'âge légal et l'âge réel." Dans le même temps, le ministre appelle les employeurs à donner aux seniors toute leur place dans l'entreprise.

Le président de la République reprendra-t-il à son compte la proposition de Laurence Parisot dans le discours – très attendu – qu'il doit prononcer aujourd'hui devant l'université d'été du Medef ?

"Sarkozy lance aujourd'hui la deuxième étape des réformes économiques", titre La Tribune (page 24). Le chef de l'Etat doit relever un double défi : répondre à la fois aux inquiétudes des Français sur leur pouvoir d'achat et à celles des décideurs économiques qui attendent des mesures en faveur des entreprises.

L'ouverture de cette deuxième phase intervient dans un contexte économique difficile. D'où la volonté affichée par le président de la République de relancer la machine économique pour "gagner le point de croissance qui manque au pays", comme il l'a promis pendant sa campagne et depuis son élection.

A lire aussi – Les conséquences des franchises

Augmentation du prix des produits alimentaires, TVA sociale, franchises médicales, hausse des taux dans l'immobilier… Libération (pages 1 à 4) énumère les "menaces" qui pèsent sur le budget des ménages.

Le quotidien évoque notamment la création de trois nouvelles franchises médicales, comme l'a annoncé le président de la République début août. Elles s'ajouteraient à celles instaurées en 2004.

Les franchises "pourraient par ailleurs avoir un effet négatif sur la consommation, les ménages modestes étant contraints de renoncer à des achats pour faire face à des dépenses de soins non remboursées", estime Libération (page 3).

Ces mesures sont "contestées par les syndicats et les associations de défense des patients les jugeant contraires aux principes de solidarité de la Sécurité sociale", rappelle le quotidien. C'est également au nom du principe de solidarité que la Mutualité française s'est élevée début août contre l'instauration de ce dispositif.

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)